Yéoudith : Un modèle pour la Femme Juive

Yeoudith et Holopherne

Yeoudith et Holopherne

Combien de femmes, de mères, de fiancées, de demoiselles ? Combien de personnages illustres féminins notre Histoire Juive compte-t-elle ? On ne saurait en effet le dire puisque chacune d’entre elles a écrit notre Sainte Histoire au travers d’actes méritants, et ce, aux cotés de grands hommes bien évidemment. Aujourd’hui Tsniout Mag’, avec quelques récits, les écrits et la trace de nos Sages, notre Sainte Torah, des modestes suggestions et l’envie IMMENSE de faire avancer les choses, retrace la pudeur Juive sous toute ses formes. En cette veille de ‘Hanoucca, nous ne pouvions évidemment pas passer à coté d’une grande femme. Célèbrement citée dans les récits de ‘Hannouca, certains la disant même en parenté avec les Cohanims (ou étant issue d’une famille de grands prêtres) : Yéoudith (Judith) un véritable modèle pour la femme Juive.

Force et courage, amour des siens, et fière de ses origines, ne reculant devant rien pour redonner courage à ceux qui perdaient espoir : Yéoudith est la représentation pure de la femme Juive, en tant qu’exemple. Dans un contexte historique où les terres de Judée étaient conquises par les Assyriens, il fallait avoir le coeur solide et trouver en soit la bravoure face à l’ennemi occupant ! Armée puissante et nombreux soldats à l’appui, le général Assyrien à la tête du peloton se prénommait Holopherne. Personnage déterminé à rayer du paysage la religion Juive, ses préceptes et ses lumières : chaque conquête était suivie de campements de longue durée où l’on imposait l’Hellénisme (religion polythéiste Grecque de l’époque), les meurtres pour les désobéissants, une pression sans faille pour pousser les Juifs à la capitulation ! Les généraux (Ouzi) et magistrats Juifs se réunirent d’urgence pour essayer de repousser l’état de siège. Les solutions étant urgentes et la pression exercée par l’ennemi très forte, il ne restait plus qu’à trouver clémence auprès du peuple qui n’en pouvait déjà plus (réserves d’eau et de nourriture épuisées, conditions quotidiennes de vie insupportables, violence et abus sur la population…). Un délai de quelques jours fut prononcé et proposé à l’assiégeant, espérant que cinq jours de prières intenses et d’espoir en Hakadosh Barou’h Hou feraient force de persuasion pour éloigner les Assyriens.

Voici la personnalité hors norme de Yéoudith qui rentre en scène : voyant ses frères se lamenter, comptant sur quelques malheureux jours pour fixer leur sort, cette dernière protesta ! Pour elle, la solution était ailleurs, l’amour et la crainte qu’elle éprouvait envers Hashem étaient tels, qu’il lui était honnêtement impossible de Lui imposer « un délai supplémentaire ». Pour elle, ces quelques jours, ces moments accordés par l’ennemi n’étaient qu’une manière de courber l’échine. Au bout du compte cela ne ferait qu’aggraver la situation. C’est pourquoi elle fit part de son avis au général Ouzi, n’ayant crainte de braver les hiérarchies militaires par sa position de femme, elle ne pouvait rester avec un poids si lourd sur le coeur. Rappelons par le même temps que l’arbre généalogique de Yéoudith n’était pas des moindres, puisqu’on la disait fille de Yo’hanan (Cohen Gadol). De plus Yéoudith est pour nous toutes une excellente représentation de la Tsniout. Veuve depuis plusieurs années, d’un homme prénommé Manassé, elle avait décidé à sa mort de recueillir force et courage au service de la religion. Témoignant dévotion, discrétion et amour du Tout Puissant, cette femme ne se montrait que très occasionnellement en communauté, chérissant de loin des moments de recueil pour aider son prochain et se renforcer dans la piété. C’est ici un point sur lequel j’aimerais un peu m’attarder. La Tsniout n’est pas seulement dans le vêtement, mais nous l’oublions malheureusement bien souvent aussi : dans le comportement. Tout comme Yéoudith, nous devons apprendre la discrétion, et savoir que notre présence est la bienvenue BH, mais qu’elle doit se manifester pour faire avancer les choses ! Ne pas se faire remarquer juste pour le plaisir de se faire remarquer, mais savoir se faire connaître avec finesse, éloignée de tout jugement envers son prochain, apporter à l’autre son avis mais avec clairvoyance et pudeur. La force de caractère ne doit pas rimer avec la colère ou l’agressivité : mais avec des décisions de femmes dignes de ce nom. Ne pas confondre force de caractère et mauvais caractère : attention…

La suite du récit de Yéoudith, est rentré dans les célèbres et glorieux récits de notre Histoire Juive. Yéoudith va user de la ruse, mais pas de n’importe quelle manière. Une malice complice d’une foi inébranlable, elle va dresser un piège à la racine du mal : Holopherne (mah’chimo vé zi’hro). C’est en le piégeant qu’elle réussira à sauver les siens ! Avec l’accord des hauts dignitaires Juifs de la ville, et la force de la prière qui ne quittait jamais ses lèvres, Yéoudith accompagnée de sa servante quittèrent la ville d’un pas hâtif pour ce rendre chez l’ennemi. En effet, après avoir décliné l’éventualité d’un ultimatum , elle avait soumis un « plan » pour mettre fin aux souffrances de son peuple. Sa conviction était si forte qu’il aurait été inutile de la dissuader…

La rencontre avec le général répondit aux espérances de Yéoudith, sa grande beauté mise en lumière, et la détermination de ses propos donnèrent raison à son engagement. Aussi lorsque Holopherne fit sa connaissance, c’est sans surprise qu’il tomba sous le charme. Yéoudith quant à elle, usa si je puis dire de « talents de comédiennes », pour ouvrir une trappe à l’ennemi. Appuyant l’argument des vivres qui commençaient à manquer, elle suggéra à ce dernier l’idée que la faim viendrait à venir bien vite, et que, le peuple affamé serait tenté par la consommation de bêtes interdites : ce qui déclencherait inéluctablement les foudres du Tout Puissant. Elle fit promettre à ce dernier d’etre fiable et de l’utiliser comme pseudo-informatrice.

L’accord conclut, elle se rendit chaque soir, pour rendre visites aux pauvres assiégés, et leur donner force et espoir, laissant derrière elle Holopherne dans l’illusion d’une victoire proche. Puis, c’est au bout de la troisième nuit, qu’une rencontre en « tête à tête » fut arrangée par le tyran. Conviée à une table remplie de nourriture, elle déclina toutes boissons ou vivres, préférant de loin, comme elle l’expliquait se contenter des laitages et vins qu’elle avait amené. Des fromages et mets qui étaient tous fortement salés et qui poussaient à la soif et donc à l’ivresse. Holopherne rassasié et saoul s’endormit malgré lui, loin de s’imaginer la fin qui l’attendait…Profitant de son sommeil c’est dans un acte mêlant force et détermination que Yéoudith se saisit de l’épée du général et lui trancha la gorge.

Voici donc le récit épique de la force d’une faible que l’on ignorait grand. Une femme connue par sa discretion mais pourtant peu exposée..Ne cherchant ni les honneurs ni la reconnaissance, elle avait surtout soif de justice : la justice du Tout Puissant dont elle suivait les lois et accomplissait la mitsva de l’Amour du prochain.

4 thoughts on “Yéoudith : Un modèle pour la Femme Juive”

  1. Rivka says:

    Coucou Audelia
    Je t’invite a visiter mon blog et a lire l’article que je viens de poster sur les Segoulotes de Hanouka!
    kumironi
    Bises et Hanouka Sameah!

  2. yehoudith says:

    enfin une bonne vision du prénom yehoudith!!!

    1. Audelia B. says:

      N’est-ce pas 😉

  3. Nivah Rébecca says:

    Diminutif affectueux en Yiddish : YUTKE

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