Rosh Hachana et l’histoire de Hanna

Heureuse de vous présenter ses plus chaleureux voeux de Chana Tova, l’équipe Tsniout Mag’ vient enrichir notre fête des grandes Lumières Féminines de l’Histoire Juive. Rosh Hachana et l’histoire de Hanna seront donc au coeur de cet article. En effet,qui dit fête de Roch Hachana dit aussi lecture et montée à la Torah, et donc s’en suit de la Paracha la lecture de la haftara (passage qui vient compléter une lecture de Torah lors de chaque montée). Cette haftara est consacré au prophète Samuel (Shmouel) dont la mère n’était autre que l’illustre Hannah : reine de notre topic spéciale Hag’.

Le livre de Shmouel

On trouve le livre de Shmouel dans le troisieme livre intitulé  » Les prophètes ». Shmouel est le fils de Elkana (un grand et illustre sage de son temps).Pour tous ceux qui sont friands de lectures religieuses on retrouve également l’histoire du prophète Shmouel dans certains commentaires du Méam Loez (commentaires divisés en plusieurs volumes). Par tradition la naissance de Shmouel Hanavi a toujours eut un lien de corrélation avec les fetes de Tichri., pour la simple raison que le premier jour de ce mois est cité dans la prière l’histoire de Hannah’ mère de Shmouel.

Le père de Shmouel : Elkanan, retour sur une chronologie

Mais pour comprendre les origines de Shmouel quoi de plus logique que de remonter aux origines premières : son père. Elkanan était issu d’une région renommée pour sa Névoua (niveau élevé de prophétie). En effet, comme le mentionne le nom de la région dont Elkanan était originaire « la montagne des Prophètes » (Ramatayim Tsofim) de cette contrée, l’on retiendra l’effort de chaque sage : que cela soit dans le travail sur le comportement, l’amélioration du caractère, l’attention particulière portée sur le langage et l’amour du prochain pour s’élever et recevoir d’Hashem un niveau de prophétie particulier.

Elkanan était le fils de Yerokham, et avait pour épouses deux femmes : Penina et Hanna. Penina avait enfanté plusieurs enfants faisant de Elkanan un père a plusieurs reprises, mais, tristement Hanna, elle n’avait toujours pas mis au monde de progéniture. Hanna étant la première épouse de Elkanan elle répresentait pour ce dernier un attachement tout particulier du fait de leur jeunesse au moment de leur rencontre.D’ailleurs même après avoir choisi Penina dans le but de mettre au monde des enfants, il n’avait jamais écarté Hanna et avait conservé pour elle un amour intacte.

Le pèlerinage à Chilo

Chaque année les Levyim (Elkanan était un Levy) avaient pour habitude de se rendre dans la ville de Chilo ou siégeait le grand Temple, c’était ainsi l’occasion de prier et d’offrir des sacrifices à HKBH. Le prophète Elie, grand de sa génération et habitait Chilo et ses deux fils siégeaient dans le sanctuaire. Elkanan se rendait toujours dans cette ville en compagnie d’épouses et enfants. A une époque où la diffusion de la Torah se faisait à profusion, la visite du temple était donc une nouvelle occasion pour se purifier, remercier Hashem et répandre la Torah au plus grand nombre. Un jour, après avoir brûler une partie de l’offrande comme holocauste expiatoire, il répartit les parts restantes de son sacrifice dans le Temple entre sa femme Penina et ses enfants. L’autre part revenait à Hanna, dans sa consolation de n’être pas mère, elle occupait la plus grande place dans le coeur d’Elkanan.

Penina : douloureuse rivale de Hanna

Penina usait parfois d’une certaine méchanceté face à la stérilité de Hanna. A mainte reprises, c’est d’une manière indélicate qu’elle pointait du doigt sa propre fertilité jetée aux yeux de la pauvre Hanna, et à surexagérér la joie qu’elle avait à vêtir ses enfants de nouveaux vêtements. Cruellement (on verra plus tard que cette moquerie aura un prix pour Penina), elle lui demandait avec ironie : « Et toi Hanna ? Qu’as-tu acheté pour tes enfants ? » sachant pourtant que cette dernière n’en avait pas.

Hazal explique pourtant le paradoxe entre ce que nous pourrions interpréter comme de la moquerie et le but réel dans le coeur de Penina. C’est en déclenchant chez Hanna un élan de peine qu’elle souhaitait en fait l’inciter à se renforcer dans la prière afin d’être entendue d’Hashem et de pouvoir devenir mère à son tour. Malheureusement, Penina perdit plus tard de nombreux enfants, pour avoir malgré tout causé tant de peine chez Hanna.

La prière de Hanna : une douleur entendue du Tout Puissant

Un jour Elie Hacohen se trouvait officiant comme Grand Prêtre (Cohen Gadol) aux portes du Heih’al, Hanna décida d’amplifier sa ferveur et de soutenir sa priere, et se rendit dans le Temple pour y prier. Sur ses joues de lourdes larmes pleines du poids des mots de Penina qui résonnaient en elle, puis l’amertume de ne pas avoir réjoui son mari d’un enfant. A ce moment, plus que jamais la prière de Hanna qui était murmurée comme un appel du coeur connu toute son ampleur. Souffrance et tristesse s’y mêlaient. Or, l’on sait qu’il etait interdit à une femme de s’isoler dans une pièce sans la vue de son mari sous peine d’être soupçonnée d’adultère. Cependant Hanna décida de braver cet interdit afin d’intensifier sa demande à Hashem et aussi car si la femme soupçonné (Femme Sotah) passe devant le Tribunal religieux et qu’il s’avère que son innocence est mise au grand jour cette dernière sera bénie et chérie du Tout Puissant qui la comblera en lui offrant des enfants tsadikims.

Elie  HaCohen, qui d’un coin du temple observait Hanna la prit pour folle, et pensait en la voyant murmurer à voix basse sa prière que cette dernière avait bu.  Il décida d’interroger son vêtement fait de pierres precieuses dans lequel le était inscrit le Tétragramme. A sa grande surprise les lettres se rassemblaient pour former avec les lettres Chine, Kaf, Rech, Hé le mot  »Chikora » (saoule).

Dans la réalité (et Elie s’en rendra compte après) les lettres voulaient former le mot « Ké Sarah » (comme Sarah). En la voyant prier d’une telle ferveur, le coeur ampli de crainte d’Hashem, il béni avec admiration Hanna et lui dit « Puisse ta prière être exaucée du Tout Puissant »

Quelques temps après Hanna tomba enceinte et donna naissance à l’Illustre Shmouel Hanavi.Sachons que dans la tradition la prière des chmona essré (18 bénédictions ou Amida) s’inspire de la prière de Hanna à qui l’on doit concentration et murmure.

Pensez à elle lors de la lecture de la haftara bh ».

Chana tova chaleureux et profond le koulam !

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