Religion Juive et chirurgie esthétique : les permissions et leurs limites

Nous tenons cependant à rajouter une note primordiale pour la bonne compréhension des choses : Tsniout mag’ se réserve le droit d’émettre certaines opinions qui n’engagent que la rédaction elle-meme. Nous prenons en compte que parmi vous, certains voire de nombreuse personne ont peut-etre recours à la chirurgie. Nous jugeons bien évidemment le kaf zh’out sans porter de jugement de valeur. Merci de votre compréhension et bonne lecture !

Un débat attendu des lectrices. Le point d’honneur à des interrogations en suspens. Une discussion sur le fil du rasoir. Quand religion Juive et chirurgie esthétique se rencontrent, mieux comprendre les permissions et leurs limites, les interdits et leur pourquoi.

Le point sur l’avis des Possekims (Décisionnaires) 

La rédaction s’appuiera dans un premier temps sur un pssak Halaha réouvert en 2005 écrit à la base par le Rav Moshe Fenstein Zatsal (mais revu par de nombreux rabbanims depuis le décès du Gaon) cette réflexion fait  suite à certains courriers de lecteurs ayant apportés des précisions  chronologiques  sur le sujet. En effet, ce dernier s’était en tout premier lieu renseigné sur la question dans les années soixante (1964 précisément) afin de savoir qu’en était-il de la chirurgie esthétique et s’il était recevable aux yeux de la Halah’a qu’une femme Juive y ai recours. Le premier frein de la chirurgie plastique émane sans doute de l’interdiction de se blesser volontairement. (Source Guemara Traité Baba Kama 91a). Il est évidemment interdit de blesser son prochain (au sens physique du terme), mais également formellement banni de s’infliger à soi-même des souffrances. Cependant, cette ordonnance peut s’avérer plus souple si la chirurgie est utilisée et je cite : « afin d’améliorer ses chances de trouver un partenaire de mariage approprié » (Teshuvot Igrot Moshe Choshen Mishpat 2:66).

Rambam notre Maitre vient ajouter une précision sur l’interdit de s’infliger des blessures : cette dernière ne prend effet que si la blessure en effet reste dégradante (ex : s’ouvrir les veines Lo alénou). Sur ce point le Hilh’ot Chovel Oumazik est plus précis encore sur l’interdiction de H’avala (Coups et blessures). D’un accord joint entre Tanayims et l’avis du Rambam zatsal un individu ne peut se blesser de manière fortuite, si et seulement si ce geste est humiliant pour sa personne. Aussi, le Rav Fenstein tranche en considération avec l’avis de Rambam, ainsi : si la blessure se fait de manière « bénéfique » (à prendre avec des pincettes) cette dernière est autorisée.

La chirurgie plastique : une blessure qui en soigne une autre…(?)

Pour faire le point sur ce qui fut dit précédemment, voici ce qu’il faut retenir. La chirurgie est interdite de par les écrits de nos Sages qui bannissent la blessure volontaire et avilissante pour soi-meme. Mais si cette dernière a un but précis comme celui de se marier elle peut EVENTUELLEMENT etre permise. Pour beaucoup la première des souffrances n’est pas d’ordre physique mais psychologique. Combien sont les gens qui se font suivre pour des désordres (à ne pas prendre au sens péjoratif du terme) suite à un rejet de soi-meme. Le premier problème est l’image que l’on reflète au monde et notre aptitude à gérer les réactions qui y font suite. Suis-je en phase avec ce qui se présente à moi dans le miroir ? Mon image me convient-elle ou suis-je en train de me voiler la face pour ne pas admettre que je ne m’accepte pas, ou plutôt que cette vision n’est pas celle que j’attend. Rentre alors en scène l’estime de soi et la peur du rejet. Difficile de faire un amalgame entre le respect des valeurs judaïques et le besoin de répondre à un besoin (pour les uns) une fantaisie (pour d’autres).

Tsniout mag’ : deux angles de vue sur la question

Mon humble point de vue de rédactrice se positionne sur deux points : le premier je le défends « ce que la Halah’a tranche c’est Kadosh*(Saint) », en gros la femme Juive qui prend sur elle de suivre les commandements d’Hashem, ne peut pas jouer les mijaurées et choisir comme dans un menu « cela je le respecte et cette loi…non ». MAIS mon second avis et j’y viens (avant de ramasser la tempete) c’est qu’une femme connait cependant quelques exceptions : (exceptions qui ne sont valables qu’après concertation auprès de son Rav).

– Après la grossesse ou des multiples grossesses , le corps change et la femme désire retrouver le corps qu’elle avait autrefois (ex. ajustement mammaire) DANS LE BUT DE PLAIRE A SON MARI.

– Certaines jeunes célibataires souffrantes de ne pouvoir trouver chaussure à leur pied suite à un physique parfois peu attrayant et qui désirent une opération (j’ai bien dit UNE) ex. Rhinoplastie (opération du nez) cela sera compréhensible. DANS LE BUT DE TROUVER SON ZIVOUG.

Chirurgie : effet de mode ou question vitale ?

La réponse (parmi les nombreuses données) du Rav Moshé Fenstein ne témoigne EN AUCUN CAS du bien fondé de la chirurgie esthétique que cela soit bien clair. C’est cependant une ouverture permissive (chaque cas est analysé à la loupe par les Rabbanims) pour ceux qui souffrent par exemple de ne pouvoir trouver leur mazal à cause d’une laideur, ou d’une malformation de naissance, etc… La Torah autorise le médecin à guérir, ce dernier a recu ce pouvoir supreme. Mais il faut aussi que la chirurgie soit envisageable en cas d’extreme nécessité et non comme un plaisir relatif à l’occident, à la mode et aux moeurs non-juives.

Toute discussion aporétique à part, parlons peu, parlons bien : Judaisme ou pas, il va de soi qu’il est inutile d’avoir recours à la chirurgie tant que le premier travail (qui est dans la tete) ne se fait pas. Apprendre à se tolérer, c’est savoir remercier Hashem de nous avoir créé à son image. Je ne rentre pas dans le privé, le cas par cas existe, mais il demande réflexion. Chirurgie esthétique : demandez conseil à votre rabbin…

One thought on “Religion Juive et chirurgie esthétique : les permissions et leurs limites”

  1. Rivka says:

    Je viens de lire l’article qui resume bien les points de vue… Mais je trouve qu’il en manque un : la femme deja mariee qui ne supporte pas un defaut physique autre que ce qui aurait pu etre du aux grossesses. Apparement elle plait a son mari vu qu’il l’a epousee mais elle ne se plait pas a elle-meme… Je suppose que la meilleure des reponses est d’aller voir un rav qui traitera au cas par cas.

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