Quand la Tsniout part aux extrêmes ! Partie 1

Affaire Bruria Keren : femme Juive au Tchador

Affaire Bruria Keren : femme Juive au Tchador

AVERTISSEMENT : Tsniout Mag’ ne porte aucun jugement (‘Hasvechalom) et respecte chaque Juif comme il se doit, peu importe son courant religieux ou ses traditions. Cependant en tant que magazine ayant pour but la Tsniout nous devions vous montrer que la Tsniout ce n’est pas ce que vous allez voir et nous ne pouvions rester que partiellement neutre ! Les femmes qui suivent ce courant ont certainement des convictions que nous respectons, cependant la hala’ha ne stipule rien de tel ! Merci de prendre en compte notre besoin d’informer la femme Juive.

Pensée issue de la ‘hassidoute Breslev : le Maître disait  « ceux qui sont excessivement stricts dans le service Divin n’ont pas de vie et sont constamment déprimés car ils pensent ne jamais remplir leurs obligations ».

Tsniout Mag décide aujourd’hui de lever le voile (vous comprendrez le jeu de mots) sur un sujet connu de quelques personnes et totalement méconnu de la plupart d’entre nous. Notre article vous éclaire aujourd’hui sur des femmes Juives qui habitent en Israël et qui se couvrent de la tête aux pieds. Bon jusqu’ici tout va bien. Vous devez vous dire que la rédaction fait allusion à la Tsniout. Rectification, ces femmes Juives qui se couvrent entièrement ne sont ni plus ni moins des femmes Juives qui répondent à une sorte de coutume locale, certes, mais croyez moi sur parole, elles ne vivent pas la Tsniout de la même manière que nous. Cette branche très minoritaire de l’orthodoxie Juive dérange extrêmement l’opinion religieuse Juive générale qui refuse (et à juste titre) que la Tsniout soit associée à ce genre de dérives. De nombreux rabbanims et posskims (décisionnaires) condamnent vivement de tels accoutrements ! Pourquoi cela ? Tsniout Mag fait le point pour vous !

Ce phénomène inquiétant est aussi appelé aux Etats-Unis « Hyper Tzniut ». Certaines femmes issues de ce mouvement enseignent cette Tsniout, et l’une des premières (en tous les cas connues à ce jour) serait une rabbanite répondant au nom de Bruria Keren (attention elle n’est pas la seule). Cette dernière est mère de douze enfants et accessoirement spécialiste de médecine alternative. Elle aurait repris les fondements de la Tsniout (ceux que nous connaissons ou tentons chaque jour de connaître, c’est à dire la Tsniout selon nos Sages) et aurait en quelque sorte exposé une définition « plus étoffée » (c’est le cas de le dire) de la pudeur. Cette nouvelle définition, vous l’aurez compris s’exprime sous plusieurs angles, mais le nerf du combat pour elle : c’est la Tsniout vestimentaire qui subit une véritable révolution et répond à des dogmes qui n’ont eu l’autorisation d’aucun rabbanim à ce jour (en tous les cas en ce qui concerne la burqa).

Le principe de leur mode de vie part du postulat que le manque de Tsniout des femmes Juives serait la cause de nombreux problèmes au sein même du peuple Juif. Aussi, d’après elles, plus le corps est couvert, moins il expose l’homme à la tentation.

Aussi, un vêtement appelé « Frumka » littéralement le mélange du mot « burka » et du mot « Frum » (religieux) est porté par ces femmes. En anglais on appelle aussi ce type de vêtement par le mot « shal« . Ainsi la femme Juive est couverte de la même manière qu’une femme musulmane voilée. Le problème est que, si le voile est de coutume dans l’Islam, les codes de la Tsniout Juive sont tout à fait différents ! Les non-juifs qui ne connaissent pas la Tsniout d’après nos sages, ou encore les juifs pratiquants qui désirent arborer la Tsniout et qui découvrent chaque jour (tout comme nous) ce qu’est la Tsniout dans l’habit et dans le comportement risquent d’être trompés ou désorientés en voyant une telle tenue. Or, le danger d’un tel accoutrement c’est qu’il pousse à croire que « ceci est Tsniout », il s’agit là d’un véritable problème de Marit Ayin (agir de manière éronée en laissant penser à l’autre que notre comportement est le bon). En effet, la femme vêtue de cette manière transmet de toutes façons à sa manière un message (peut-être qu’elle ne s’en rend pas compte mais c’est le cas). Et là où nos sages nous enseignent que le principe fondamental de la Tsniout vestimentaire réside dans la discrétion, sortir dans la rue avec un tel vêtement attire forcément curiosité et commentaires : il ne revêt donc (selon les rabbanims) aucunement un caractere TSNIOUT !!!

Passage extrait de Oz veadar levoucha du Rav Falk : « L’attribut général de Tsniout se base sur une conscience permanente de la présence d’Hashem. Pour cette raison, le raffinement dans l’acte et le vêtement est partie intégrante de la Tsniout. Des habits inadaptés à la vie sociale, révèlent le contraire de la conscience de la présence d’Hashem « .

Ces femmes, pour leur part, considèrent que de se vêtir ainsi les rend plus méritantes et plus zélées (et je le respecte) mais la Tsniout telle que nos Sages nous l’ont enseigné ce n’est pas ça. Elles arborent des teintes sombres et plusieurs épaisseurs de tissus sur le corps. Pour sortir, celles qui portent le voile complet ont souvent besoin d’un enfant à leurs cotés de manière à les guider, sans quoi c’est avec grande difficulté qu’elles réussissent à distinguer leur environnement. Il existe aussi la catégorie de femmes qui ne portent que le châle (plusieurs superpositions de vêtements, un long foulard sur toute la tête, mais le visage découvert). Dans les deux cas, soit il s’agit de femmes ayant fait une techouva (retour à la religion) peut être trop rapide et qui décident de se diriger sur un retour total envers Hashem (en pensant adopter des règles de Tsniout à l’extrême). Soit, (et ce cas est le plus fréquent) ce sont des femmes issues de couches sociales où tout modernisme a été aboli et refoulé. Un retour aux traditions ancestrales est alors prôné, allant même jusqu’à mettre en relief  des fausses traditions « les femmes d »il y a 3000 ans se couvraient ainsi, nous n’avons rien inventé » disent-elles. Or la Torah fait mention clairement de la beauté de Sarah et de la peur de son mari que les Egyptiens ne voient sa beauté. Et le Midrach de dire qu’Avraham vit le reflet de Sarah dans l’eau et c’est comme cela qu’il vit sa beauté car avant par Tsniout, ils ne se regarait à peine. Cela montre clairement que les femmes n’avaient pas le visage voilé… Je ne sais pas si ses femmes se sentent à l’aise religieusement parlant, si elles agissent ainsi c’est qu’elles ont sûrement sur qui se baser (en tous les cas on l’espère). Chacun est libre de vivre son judaïsme comme il l’entend. Mais personne ne peut changer la Loi de nos Sages ! (‘Hasvechalom)

Un second article dressera (demain bh) une liste des interdits relatives aux femmes Juives qui suivent la coutume de se voiler ou de porter le châle.

Le châle

Le châle

Famille Juive portant le voile : Beth Shemesh ( Jérusalem )

Famille Juive portant le voile : Beth Shemesh ( Jérusalem )

Un vêtement qui semble interpeller les passants

14 thoughts on “Quand la Tsniout part aux extrêmes ! Partie 1”

  1. Cukierman says:

    Excellent! IL FAUT dénoncer ce genre de chose, pour nous nos enfants et petits enfants! Ces femmes sont libres de faire ce qu’elles veulent mais je refuse qu’elles associent cela au judaïsme!

    1. admin says:

      En effet, l’article a été écrit dans un but de prévention et également dans un but d’éviter une propagation d’un ‘hilloul hachem notamment auprès des personnes qui ne connaissent pas la Tsniout. Evidemment je précise encore et encore qu’il s’agit d’une minorité mais nombreuses sont les minorités qui ont causé beaucoup de mal au peuple Juif…

  2. philomène eva says:

    votre article est bon, tous les extremes sont mauvais, ces images d’enfants voilés sont affreuses. je voudrais cependant vous faire savoir que vous voyez les choses un peu naivement, lorsque vous citez que avraham a vu la beauté de sarah dans le reflet de l’eau, c un peu enfantin.

    1. admin says:

      Eva, le problème est que ces femmes citent des « pseudos sources » d’il y a 3000 ans pour justifier leur attitude qui ne repose finalement sur rien de réellement « Toraïque » or si l’on regarde la Torah de plus près, on voit que le ‘Houmach dans Béréchit (et Rachi sur ce passage de la paracha Lekh Le’ha également) ainsi que le midrach Tan’houma sur ce même passage contredise la vision d’une femme entièrement voilée. Or cela date aussi d’il y a 3000 ans donc je ne faisais qu’amener une simple contradiction de la même époque. Il y en a d’autres plus récentes évidemment. Après on peut trouver que la lecture du pchat est enfantine mais Rachi ainsi que le midrach ont une vision identique de la chose donc…

  3. Rahel (Nat) says:

    Je ne pense pas que ce soit enfantin de dire qu’Avraham a vu la beauté de Sarah dans le reflet de l’eau, car au contraire, cela prouve qu’elle n’était pas voilée comme ces femmes sur les photos.
    Je ne sais vraiment pas ou tu as trouvé ces photos Audélia mais franchement, je n’aurais jamais pensé que ce genre de choses existait chez nous !
    C’est une honte !!! De plus, c’est encore plus grave de voir ces petites filles voilées de cette manière !! Mais elles sont pire que des musulmanes ma parole !
    Quel rapport avec la tsniout ? AUCUN et ça ne m’étonne pas si aucun possek n’autorise ça, c’est moche, négligé et « crade », et ça ne représente en rien la beauté d’une femme juive…
    Heureusement que c’est une petite minorité, tu me rassure !
    Merci de publier ça Aud, pour bien préciser que c’est contraire à la halakha !

  4. Audelia B. says:

    Il est vrai que l’important dans le coeur de chacun c’est de juger notre frère Juif avec clémence. Prendre du recul pour constater un fait d’actualité qui ne doit pas devenir sociétaires. Il s’agit là d’une minorité de femmes dans le monde et en Israël. Elles ont sûrement sur qui s’appuyer pour pratiquer la Tsniout de cette manière (des rabbanims) , mais les décisionnaires s’y opposent farouchement. De plus beaucoup de jeunes femmes hésitent encore a franchir le pas de la Tsniout croiser une femme vêtue de la sorte risque (peut-être) de les refroidir davantage, il faut donc apprendre que chaque religion à sa beauté et malheureusement ses extrêmes. Notre niveau en kodesh reste trop bas de nos jours pour soutenir ou appuyer la thèse de cette Tsniout peu commune, nous attendons la venue de Mashiah’ pour nous offrir une vision nette des choses bh ».

    Merci chère Nathalie pour ses commentaires.
    D.vous garde.

  5. Guedj Patricia says:

    Merci pour cet article qui recentre un peu tout cela. Je me sens juive.. complètement juive.. une juive de diaspora.. j’essaye de pratiquer « comme je peux » les mitsvotes. mais il est évident que malgré toute ma bonne volonté, … je fais ce que je peux.. (Pour ma défense, je dirais que Rabbi Na’hman a dit : « si tu ne peux pas tout faire, fais au moins un peu »…)
    Aujourd’hui, j’entends ce mot de Tsniout.. et bien oui, je ne connaissais pas.. et je voiss une vidéo.. peu importe de qui, qui explique qu’entrer dans la tsniout, c’est en gros jeter tous les pantalons, ne pas « ressembler à un homme », etc etc.. or, moi, je suis toujours en pantalons.. mais je ressemble à une femme.. mes pantalons sont des pantalons de femme.. mes habits sont féminins. et je ne me sens pas du tout en contradiction avec ma foi.. Etre juif et le ressentir avec ses tripes, son coeur et son âme ne doit pas nous faire ressembler à des repoussoirs..
    Je crois que lorsque le Ben Adam aura su reconnaître le péché originel, et bien Mashia’h viendra.. Reconnaître le péché, cela veut dire que le Ich reconnaîtra ses fautes et cessera de les rejeter sur Icha..
    ce n’est bien entendu qu’un avis personnel..
    Autant de juifs que d’avis perso, vous me direz, mais c’est aussi ce qui fait notre force : celle de former une immense famille, mais dont chaque membre peut penser comme il l’entend.
    Je refuse de me sentir différente du monde qui m’entoure, à cause de ma tenue vestimentaire.. celle ci ne change en rien mon âme.. je veux montrer mes différences par ma foi et mes pratiques alimentaires, mes prières, mais je crois que ma liberté aussi est importante.. et je ne parviens pas à comprendre pourquoi on me demande d’en changer..
    Pati

    1. Audelia B. says:

      Chère lectrice.

      Il est de mon devoir de vous le dire : Kol hakavod. Pour tant de franchise. Pour tant de réflexion.
      Oui Tsniout Mag’ s’ouvre à la femme Juive en général. Et oui le mot « Tsniout » s’affiche en gros titre sur nos pages, mais Attention, même si notre (modeste) rôle est d’encourager la femme (et l’homme) à adopter une Tsniout vestimentaire, je précise que notre fonction est davantage de comprendre la femme.
      Dans le monde Religieux (D. me pardonne de le dire) mais beaucoup (sans avoir de mauvaises intentions) réfrènent les désirs de Teshouva en imposant un point de vue acerbe, et un jugement un tantinet trop critique sur celle qui « porte le pantalon ».
      De mon point de vue, la Tsniout est certes incontournable, mais elle s’adapte aussi au rythme de chacun et commence par un travail de midotes. Que serait le vêtement, s’il n’était pas accompagné d’un comportement Tsniout : un déguisement ! Je ne suis que rédactrice (et j’écris appuyée par les conseils d’un Rav décisionaire sur Jerusalem). Cependant c’est avec le coeur que je vous répond, « jeter tous ses pantalons » c’est une étape peut-etre un peu brute, le step by step, (pas à pas) n’engagera qu’une infime partie de vous-même devant le Créateur, mais au moins vous serez sure d’aller à votre cadence, sans faire de Teshouva rapide et aux conséquences catastrophiques. Continuez d’agir doucement. Pour le vêtement il faut se sentir prête.
      Mais une chose est sure, une fois votre coeur préparé, et sur les conseils de votre rav (toujours) sont des conditions obligatoires avant toutes décisions.

      Je vous souhaites un excellent shabbat…
      Merci de nous suivre, sur Tsniout Mag’

  6. Halimi Ingrid says:

    Bonsoir! Depuis quand les enfants sont voilés!!! Ça s’apparente beaucoup à l’islam quand même!! Je comprends pas la démarche 🙂 Et merci pour tous vos articles formidables:-)

  7. Halimi Ingrid says:

    Bonsoir! Depuis quand les enfants sont voilés!!! Ça s’apparente beaucoup à l’islam quand même!! Je comprends pas la démarche 🙂 Et merci pour tous vos articles formidables:-)

    1. Audelia B. says:

      Ne vous inquiétez pas il s’agit d’une minorité chère Ingrid (fortement condamnée par de nombreux rabbanims)

  8. Gab says:

    Petite info : la « rabbanit » brouria keren a été arrêtée et condamnée pour sévices sur ses enfants, dont sévices sexuels…

    Ces pratiques doivent être condamnées à même titre que la consommation de porc ou que le meurtre. A mon avis, il faut retirer immédiatement à ces individus la garde de leurs enfants.

    1. Audelia B. says:

      En effet j’avais entendu les infos concernant son arrestation. D. préseve ces gens qui déforment la religion, je ne suis pas en mesure de juger , mais j’avoue etre choquée

  9. Patricia says:

    J’ai entendu cette histoire, qui m’a scandalisée, il y a peu, et en lisant votre excellent article, j’ai été rassurée par la position pleine de bon sens de nos rabbins … La tsniout, comme je l’ai vu sur des réponses sur cheela.org, réside essentiellement dans l’attitude d’une personne, son regard, ses actes, et non comme on a trop souvent tendance hélas ! à le penser, dans sa seule tenue vestimentaire … ainsi, une personne peut tout à fait être habillée « tsniout » mais avoir un comportement totalement impudique, provocant ou méprisant. Je rappellerai cette histoire : quand il s’est agi pour Moïse, Jésus et Mahomet de choisir les femmes de leurs religions, Moïse, arrivant le premier, a choisi les plus belles et les plus sages. Jésus, arrivant en second, a pris les plus belles qui restaient. Et quand Mahomet, arrivant en dernier, a vu celle squi restaient, il s’est exclamé en gémissant : »Couvrez-vous ! Mais couvrez-vous donc ! »

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