Parachat Réé ou la mitsva de la Tsedaka

« Quand il y aura en toi un indigent, d’un de tes frères, dans l’une de tes portes, […] tu n’affermiras pas ton coeur, et tu ne fermeras pas ta main à ton frère l’indigent […] Donner, tu lui donneras, et ton coeur ne sera pas mauvais quand tu lui donneras, car à cause de cette chose-là Hachem, ton D.eu te bénira dans toute ton activité et dans toute entreprise de ta main » (Devarim 15:7 à 15:10)

Rav Aharon Lewin zl a commenté la chose suivante sur ce passouk de la paracha Réé par rapport à la mitsva de Tsedaka :

La Guemara dans Bera’hot (10b) nous enseigne que « si on reçoit comme invité chez soi un érudit en Torah et que l’on fait bénéficier à cet érudit de notre hospitalité, c’est comme si l’hôte avait offert un Korban Tamid au Beth Hamikdach (sacrifice) ».

Rav Lewin se pose la question du but de l’utilisation des mots « chez soi ». Il répond cette interrogation de la manière suivante :

Nous apprenons dans les Pirké Avot (Chap 1) : « Que ta maison soit largement ouverte et que les pauvres y soient accueillis comme les membres de ta propre maisonnée. »

Ceci est un message pour les nombreuses personnes qui font la charité généreusement, mais qui ne permettra jamais aux pauvres d’entrer dans leurs maisons. Pour eux, tous les mendiants doivent se tenir devant le hall d’entrée et recevoir leurs dons là. Même s’ils reçoivent de la nourriture, ils doivent manger debout devant la porte toujours en dehors de la maison. Et ceci évidemment n’est pas une bonne chose, c’est pour cela que la michna précise le versert  « laissez votre maison grande ouverte » pour appeler à la générosité mais que cela allait avec le fait qu’il faille accueillir les pauvres comme si ils étaient des membre de notre famille.

Certains diront sûrement, « oui mais, ma belle moquette ? Et mon canapé en cuir ? Si le pauvre rentre chez moi, il va tout salir en ramenant de dehors de la neige ou de la boue. »

Vous avez de la chance, Shlomo Hamele’h a prévu votre question et vous a déjà répondu dans Michlé (31:20 et 31:21) quand il décrit une femme de valeur (echet ‘hayil), il dit d’elle : « Elle ouvre sa main au pauvre et tend le bras au nécessiteux. Elle ne redoute point la neige pour sa maison, car tous ses gens sont couverts de riches étoffes. »

Nous voyons ainsi mieux comment se comporter avec un mendiant qui vient à nous. Alors si c’est ainsi que nous devons traiter un mendiant qui se présente à nous, encore plus devons nous être pointilleux s’il s’agit d’un érudit en Torah. C’est ce que la Guémara veut dire quand elle dit: « Si on a un érudit en Torah comme un invité chez soi… », pour préciser que celui-ci ne doit pas être à la porte de la maison mais vraiment à l’intérieur !

Nous voyons donc bien l’importance de l’attitude avec laquelle on donne la charité et à quel point elle est enseignée dans nos versets. Il ne faut donc pas seulement donner, il faut surtout ne pas se sentir mal quand on donne. Au contraire, on doit parler au mendiant avec douceur et le consoler de ses éventuels ennuis et problèmes.

Pour étoffer cela, Rav Lewin évoque 2 attitudes qui amène une personne à donner la tsedaka à quelqu’un.
On peut soit le faire parce qu’on se sent désolé, on a de la peine pour le pauvre et l’opprimé et donner la charité est pour nous une forme de miséricorde. Une telle charité est certes louable mais ce n’est pas la plus haute forme de Tsedaka.
La plus grande forme de Tsedaka est de donner parce que c’est une bonne action. Tout simplement parce que telle est la volonté divine et c’est ce que D.eu nous a ordonné.

Rav Lewin précise que Rav Yossef Albo utilise cette idée dans son livre Sefer Ha-Ikarim (le Livre des principes) pour expliquer le verset tiré de Yeshayaou (32:17) : « Et l’œuvre de la justice sera la paix, et le fruit de la droiture sera le calme et la sécurité à tout jamais. »
L’acte de donner la charité, peu importe la raison de l’acte, apporte la paix à celui qui l’a fait. Toutefois, l’acte de tsédaka, fait uniquement dans le but de servir D.ieu, est beaucoup plus grand. Cette tsédaka là apporte le calme et la sécurité pour toujours.

Rav Lewin continue (en citant son grand-père zl): L’avantage que l’on a de donner la Tsédaka parce que c’est une mitsva plutôt que parce qu’on ressent de la pitié est que le sentiment de pitié se dissipe assez rapidement. Quand nous voyons que la pauvreté est répandue autour de nous, nous devenons insensibles à elle, ce qui n’est pas le cas si l’on donne la charité pour accomplir la Volonté de D.ieu. Cette volonté là est immuable, et ainsi sa charité sera immuable également. Tel est l’enseignement de notre verset:… « Donner, tu lui donneras, » ‘Hazal dit : Vous devez donner au pauvre de façon repété, même cent fois s’il le faut. Comment vous entraîner à faire cela ? Il faut que votre coeur ne se sente plus mal à l’aise quand vous lui donnerez « .

Ne donnez pas parce que vous vous sentez mal mais uniquement parce que D.ieu l’a ordonné.

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