Parachat Massei ou le guide vers le passé

La paracha de Massei est la dernière paracha issue du livre de Bamidbar et c’est également la fin de la partie narrative de la Torah.

A ce moment la génération de ceux qui étaient en Egypte et au Har Sinaï n’est quasiment plus de ce monde puisque mort dans le désert. Le destin de Moché sur sa non entrée en Eretz Israël, a également été scellé.

De ce fait, et dans le but que la nouvelle génération menée par leur nouveau leader Yehochoua, réussisse dans sa mission, un retour sur ce qui est arrivé à la génération précédente est nécessaire.
Il ne serait pas exagéré de suggérer que la paracha de Massei, qui détaille tous les arrêts et les lieux où ont séjourné les Bné Israël lors de leur périple dans le désert, soit déjà considérée comme une partie du livre de Devarim (appellé aussi Michné Torah – puisque Moché y répète la Torah à la fin de sa vie).

Pourquoi cela ? Car, seulement si l’on sait où l’on a été et ce que l’on a appris de valable de cette expérience peut nous aider à continuer avec confiance notre voyage.
Même si l’avenir est évidemment toujours inconnu et incertain, la connaissance du passé minimise tout de même les éventuelles surprises qui peuvent encore surgir.

Autre question, nous voyons que la Torah dans la paracha insiste sur les détails pour nous informer des endroits où nous avons été, comment nous y sommes arrivés et ce qui nous est arrivé durant ce voyage.

Si l’on suit le même raisonnement que précédemment, on peut en déduire aisément que la Torah fait cela dans l’espoir que quelque chose peut éventuellement être glané à partir du passé et appliqué à notre situation actuelle et future ainsi qu’aux défis que nous rencontrerons.

Ceci étant, pour un peuple si riche en expérience historique et doté d’une connaissance du monde si grande, on peut s’étonner que les Juifs soient en quelque sorte étonnamment réticents à incorporer les leçons du passé dans leurs attitudes actuelles, leurs valeurs et leurs comportements.

On peut citer l’assimilation, la croyance en des solutions utopiques aux problèmes humains et sociaux, le pacifisme naïf, l’adoration de D. étrangers et les fausses idoles, toutes ces erreurs sont répétées à nouveau à notre époque.
C’est comme si le long voyage effectué par Israël ainsi que tous les arrêts dans le désert ont été soit oubliés, soit mal interprétés voire même ignorés.

En sachant cela, nous pourrions construire nos propres paracha Massei à partir des différentes expériences par lesquelles le peuple juif est passé au cours des dernières années (la liste serait trop longue malheureusement). Si nous nous étions souvenus de nos propres Massei, on pourrait facilement dire: « Je suis déjà passé par là, j’ai déjà fait ça » dès qu’une idée qui apparaîtrait pour résoudre un éventuel problème se profilerait en nous.

Qu’on se rassure, nous ne sommes pas condamnés à répéter toujours les erreurs commises dans le passé sur notre voyage à travers l’histoire. Pourtant, si nous oublions ou nous ignorons les leçons que ces erreurs nous ont apprises, nos problèmes actuels et futurs sont appelées à augmenter, substantiellement et de manière intensive.

Ainsi, il est évident que chaque génération écrit sa propre paracha Massei. La grandeur d’une telle paracha se réalisera uniquement lorsque nous aurons véritablement assimilés les leçons des précédentes parachiotes Massei de la vie juive. Ce guide vers le passé est la meilleure garantie de réussite de notre voyage dans le futur.

2 thoughts on “Parachat Massei ou le guide vers le passé”

  1. Rahel (Nat) says:

    J’aimerais ajouté une petite chose, si tu me le permets, concernant la séparation des bnei Israel et de Moché Rabbénou…
    Ce fût une tristesse pour eux d’être séparé de leur maître, et ils réalisèrent à ce moment la à quel point ils aimaient leur guide spirituel.
    D’après le Hatam Sofer, ce n’était pas un sentiment passager, car le départ d’un Tsadik ou même la crainte de sa disparition provoque un tel choc que le cœur se soumet… et que le yetser ara s’éloigne.
    Lorsque le Juif est débarrassé de son mauvais penchant, il ne s’oppose plus au Rav qui lui fait des remontrances. Bien au contraire il l’aime d’avantage…
    J’adore cette explication sur l’importance du passé pour le futur..
    Merci Avner de m’avoir encore enseigné des choses.

    1. Avner says:

      Merci pour ton commentaire, il est emprunt de justesse et de bon sens.

      Bra’ha ve Atzla’ha
      Avner

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