Parachat Ki Tetsé ou juger d’un oeil bienveillant

Souviens-toi de ce que l’Éternel, ton D.ieu, a fait à Miryam, pendant votre voyage au sortir de l’Egypte. (Devarim, 24:9)

Dans ce passage de la paracha Ki Tetsé, nous sommes chargés de garder à l’esprit que D.ieu punit Myriam pour avoir parlé de façon péjorative sur son frère Moshé ce qui a eu comme effet d’être affecté par la tsara‘ath. Cette dernière était une affection plus spirituelle que physique qui se manifestait physiquement par des imperfections de la peau qui ressemble à la lèpre. Rachi nous explique que ce rappel nous oblige à être vigilants et éviter de faire du lachone hara (proférer de la médisance), sur autrui.

La Michna (Sota 9b) nous informe que Myriam a été récompensé pour les longues heures qu’elle a passé à observer Moshé de loin pour s’assurer qu’il était sans danger quand il était encore nourrisson et qu’il avait été mis dans le Nil. Elle a été récompensée plus de 80 ans plus tard, quand atteinte de tsara‘ath, D.ieu a fait patienter tout le Am Israël pendant 7 jours pour permettre à Myriam de se remettre de son affection avant de continuer le voyage. Le Talmud (Sota 13a) explique qu’elle a prophétisé que Moshé devait être le sauveur du peuple Juif. Son œil était non seulement vigilant sur son frère mais était également rivé sur l’avenir de toute la nation juive.

Avec des intentions si pures et si élevées spirituellement, comment Myriam a pu être récompensée dans ce monde ? Celui qui fait un tel effort pour sauver la vie du sauveur de la nation en personne, ne devrait-il pas plutôt recevoir des récompenses dans le monde futur, qui est incompréhensible pour l’esprit humain (mais plus en accord avec le niveau spirituel de Myriam). Pourtant, sa récompense a été réduite à un délai de sept jours lors des pérégrinations du peuple Juif dans le désert.

Le ‘Hatam Sofer apporte un élément de réponse pour mieux comprendre cela. Il explique que lorsque l’on parle négativement d’une autre personne, ce péché est enraciné dans l’homme du fait qu’il ne juge pas son prochain favorablement. Si quelqu’un prend l’habitude de juger favorablement, il n’aura jamais de choses négatives à transmettre aux autres. Le jugement de D.ieu calcule toujours la récompense et la punition mesure pour mesure. Celui qui a tendance à juger favorablement sera traité par D-ieu de la même manière. L’inverse est également vrai. Du fait que Myriam n’a pas étendu son oeil bienveillant sur son frère en le jugeant favorablement, elle a jugé avec précipitation sans recul et sans essayer de comprendre leur sens caché, alors D.eu a fait la même chose avec elle. Du fait qu’elle ait eu les plus hautes attention en attendant son frère, elle a seulement été récompensée pour cela. Elle a attendu pour Moshé, les Juifs ont donc attendu pour elle. Mais pas plus !

Dans les semaines précédant Roch Hachana, ainsi que notre journée annuelle du Jugement, nous cherchons des moyens d’assurer un verdict positif. Pour cela, nous avons besoin de regretter nos péchés passés et tenter de nous améliorer en nous engageant à accomplir la volonté divine. Cependant, nous devons comprendre que la manière dont nous sommes jugés est sensiblement identique à la façon dont nous jugeons les autres. Alors commençons par juger les autres favorablement, et D.ieu nous donnera également un jugement favorable et nous bénira avec une année douce remplie de Ses bénédictions.

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