Parachat Ekev ou la centralité d’Israël

אֶרֶץ חִטָּה וּשְׂעֹרָה, וְגֶפֶן וּתְאֵנָה וְרִמּוֹן; אֶרֶץ-זֵית שֶׁמֶן, וּדְבָשׁ.

« Une terre qui produit le blé, l’orge, le raisin, la figue et la grenade, une terre d’olive oléagineuse et de miel » (Devarim 8:8)

La Guemara nous enseigne sur ce passage de la paracha Ekev que si une personne a devant elle 2 fruits qui apparaissent dans ce verset, elle récitera en général la bera’ha (bénédiction) sur celui qui est mentionné le plus tôt dans le passouk.

Cependant si cette personne a devant elle 2 fruits de cette liste, un qui apparaît dans la première partie du verset (« le blé, l’orge, le raisin, la figue et la grenade ») et l’autre qui apparaît dans la 2eme partie du verset (« olive oléagineuse et de miel »), la bénédiction sera récitée sur le fruit qui sera le plus près du mot « terre » (qui apparait 2 fois dans le passouk). Par exemple, une olive (qui est à la 1ere place de la 2eme partie du passouk) devra précéder dans la bénédiction le raisin (qui est à la 3ème place de la 1ere partie du passouk) car il est plus près du mot « terre ».

Rav Avraham Its’hak Hacohen Kook zl a écrit à ce sujet que de la même manière que des bénédictions nous montrent la voie à suivre afin d’acquérir des bons traits de caractère et pour diriger nos croyances (par exemple cela nous permet de reconnaître grâce à qui nous avons cette nourriture), nous pouvons déduire que toutes les lois détaillées des bera’hotes ont quelque chose à nous apprendre.

Dans notre cas, la leçon est la centralité de la terre d’Israël dans nos croyances. On vient de voir que « Tout ce qui est le plus proche de la Terre a la priorité. » Ce qui veut dire que plus on aime la Terre d’Israël et plus on travaille pour la construire, plus elle est proche d’être béni et d’atteindre la perfection.

On peut maintenant se poser la question suivante : pourquoi le verset est divisé en deux parties ?

La réponse est la suivante : parce que les gens ont différentes raisons pour expliquer leur attachement à Eretz Israel. Certains y voient leurs qualités spirituelles (les cinq fruits de la première partie du verset représentent les cinq Livres de la Torah). D’autres y voient un lieu où le peuple juif peut trouver le repos et la réalisation matérielle, représentée par l’huile et le miel de la deuxième partie du verset.

Ce verset, dit le rav Kook, enseigne la grandeur de ceux qui veulent la terre, même pour de telles raisons. En effet, nous avons vu qu’un fruit du second groupe était béni avant un fruit du premier groupe si il était plus proche du mot « Terre ». Ceci nous apprend que si quelqu’un s’installe réellement en Eretz Israël même si la raison est d’acquérir des richesses matérielles, il devancera en bénédiction celui qui aime les qualités spirituelles d’Eretz Israël mais qui reste éloigné de la Terre. La raison en est que lorsque la nation se fixe sur la terre d’Hachem, indépendamment de la raison, elle finira quoiqu’il arrive par se rapprocher d’Hachem également.

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