Les secrets du Mikvé – Seconde partie

L'eau Substance de base de la Création du monde

L'eau Substance de base de la Création du monde

Pour ceux et celles qui ne l’ont pas encore lu, retrouvez la première partie sur l’importance et la fonction du Mikvé

Seconde et dernière partie de l’article travaillé à l’issu de la conférence du Rav Bensimon sur le Mikvé.

Chaque personne qui se baigne dans le Mikvé est associée au nouveau né qui renaît, l’eau du Mikvé étant comparée par ‘Ha’hamims (nos sages de mémoire bénie) au liquide amniotique contenu autour du fœtus et vital à l’existence de ce dernier. L’eau du bain rituel devient à ce titre l’eau de la matrice (par métaphore) donc l’eau du renouvellement et de la purification. C’est dire, combien son importance est grande !

Comprendre le rôle de l’eau dans la Torah pour mieux comprendre les fondements du Mikvé.

Où est-ce que l’on parle de l’eau dans les Saints écrits ?  Dès le deuxième verset de la Torah dans Bérechit, après que l’on nous parle de la création (au commencement du ciel et de la terre). On commence par lire que régnait le TOHU-BOHU l’obscurité et l’abîme c’est-à-dire le chaos. Il est important de noter que le verset se termine par cette phrase-ci :  »Vé Roua’h Elokim méra’héfet al péné amayim » (‘Houmach Béréchit) soit pour traduire de l’hébreu « Que l’Esprit de D. planait sur les eaux ». C’est de cette phrase que nous apprenons, commentaire soutenu et étayé par Rachi, que l’Eau est la première chose qu’HaKadosh Barou’h Hou a créé. Le ciel et la terre ayant étant conçus le deuxième et le troisième jour, l’eau, elle, était déjà là le premier jour. Eau : substance de base avec laquelle Hachem a créé l’univers. Le Ramban et le Zohar Hakadosh expliquaient déjà il y a plus de 2000 ans, que la base même du monde repose sur ce que l’on appelle « Ayouli » (théorie nommée des siècles plus tard par les scientifiques comme la théorie du Big Bang). Qu’est ce qu’Ayouli ? Il s’agit de l’eau comme étant l’origine de la création du monde et l’origine de la matière. Se tremper dans l’eau du Mikvé c’est donc aussi en quelques sortes, retrouver cet état originel tel qu’il était à la création du monde. Le paradoxe de l’eau c’est que même si, comme l’on vient de l’expliquer, cette dernière donne la vie, on sait aussi qu’elle est hostile à l’homme qui ne peut ni vivre, ni respirer en son sein, elle est donc parallèlement associée à la mort.

Il est clairement précisé dans la hala’ha (loi Juive) que le Mikvé doit être lié à la terre. Le Mikvé creusé en profondeur est également associé à la tombe car comme il est dit  « de même que tu es poussière tu retourneras à la poussière ». On comprendra que le Mikvé symbole de vie, est aussi joint à la non-vie. Le Mikvé serait donc l’extrémité entre la vie et la mort, il faudrait comprendre par là que lorsque l’on rentre dans l’eau du bain rituel on meurt un petit peu, mais cette mort est momentanée, puisque l’eau purificatrice va donner lieu à une renaissance de notre être.

Ruine d'un Mikvé ( Second temple )

Ruine d'un Mikvé (Second temple)

Le Mikvé est lié comme nous le disions dans la première partie de la conférence, à la femme Nidda (impure) qui, tant qu’elle ne s’est pas trempée dans les eaux du Mikvé est interdite à son mari. La Torah sanctionne d’ailleurs très sévèrement toute personne qui briserait ces interdits, et auraient des relations intimes avec sa femme alors qu’elle est encore impure. Cette sanction s’appelle « Hayav Karèt » c’est-à-dire retranché du peuple Juif. Il s’agit là d’une des sanctions les plus grave de la Torah (applicable à des péchés très graves tels que l’inceste ou l’adultère).

Quelle est donc la raison de la gravité de cette faute ? Rabbi Meir nous dit dans le Talmud que quand quelqu’un retrouve sa femme après la période de séparation (12 jours environ), c’est comme si il se remariait avec elle chaque mois. Cela permet de casser l’effet routinier que les couple qui ne pratiquent pas la Nidda sont amenés à rencontrer au cours de leur vie conjugale.

Même en ce qui concerne le trempage au Mikvé pendant la conversion, on rappelle que lorsque la Torah a été donnée aux Juifs sur le mont Sinaï, et tous les juifs ont du se tremper au Mikvé, car ce jour fut sanctifié comme celui où nous devenions Juifs, donc au même titre qu’un converti, chaque Juif a dû prendre sur lui de se purifier dans les eaux du Mikvé. A savoir que le Mikvé remonte bien avant cette époque, puisque le Midrash raconte qu’il existait déjà à l’époque d’Avraham Avinou (soit 500 ans avant). Ce dernier était d’ailleurs connu pour recevoir chez lui beaucoup d’invités et, après les avoir conviés à un repas, il leur enseignait la Torah et l’unicité de D. à une époque de polythéisme prononcé. En dernière étape : il les trempaient dans le Mikvé pour les convertir. (« Il leur donna à boire » le Midrash explique : « il les trempaient »).

L’impureté par la mort : pourquoi le fait d’être en deuil rend l’homme impur ? La vie c’est d’être lié à Hachem, donc à partir du moment où l’âme remonte à D. l’impureté va venir sur l’homme mort. Son corps étant coupé d’Hachem, il rentre dans un état d’impureté. Plusieurs lois sont relatives au deuil, mais il en existe une en particulier (de l’époque du Beith Hamikdash) qui stipulait qu’un homme impur ne pouvait pas rentrer dans le temple (exemple : si il avait touché un mort). La punition pour celui qui transgresse cette interdiction est aussi de Karèt (retranchement du peuple).On comprendra donc que la gravité d’enfreindre les interdits sur l’homme et la femme impur, renvoit à l’époque d’Adam HaRichone. Vouloir pénétrer dans le temple en étant impur, vouloir avoir des relations intimes avec une femme non permise, tout cela est comparable à l’homme qui force les portes du Gan Eden alors qu’Hachem l’en a exclu. Voila pourquoi une telle faute est passible de Karèt.

La Genèse cite d’ailleurs quatre fleuves, puis, revient à l’origine de la création de l’homme. Pourquoi ? Explication : bien que l’homme ait été exclu du Jardin d’Eden (après la faute d’Adam et ‘Hava), il reçoit par Hachem la possibilité de retrouver un morceau de Gan Eden grâce à la purification dans les Eaux du Mikvé. C’est pour cela que la Torah nous parle de l’eau provenant du Gan Eden. A notre niveau il n’est pas possible de comprendre le pourquoi profond du Mikvé (cela dépasse nos sens et notre entendement ). Cependant ce modeste article, fera (re)découvrir à ceux qui ne les connaissaient pas encore les liens cachés qui lient l’homme au Mikvé et au besoin de purification.

Le jardin d'Eden

Le jardin d'Eden

Audélia B.

7 thoughts on “Les secrets du Mikvé – Seconde partie”

  1. Deborah says:

    Magnifique!!!

    1. Audelia B. says:

      Merci à vous Deborah !

  2. Arielle says:

    super article audelia ! parcontre -et j’ai peut être mal compris, il faudra alors m’en excuser je débute dans l’étude-, est ce que l’obligation de se tremper dans le mikve pour nous les femmes est une obligation de la torah ou rabbinique ? en somme est ce que l’on parle de cela explicitement dans la torah ? n’hesitez pas à me dire si ma question est maladroite ! merci d’avance et bonne continuation 🙂

    1. Audelia B. says:

      Excellente question (aucune réflexion n’est inutile) merci de me laisser le temps de la réflexion je suis très peu sur le forum en ce moment je vous répond semaine prochaine bh » faites moi un petit rappel au cas ou. 🙂
      Merci pour votre intérêt pour le magazine !
      Ps je vous ferais une réponse plus détaillée bh ».

    2. Audelia B. says:

      L’obligation est d’ordre halah’ique vis à vis d’Hashem , à l’époque des bné israel le Mikvé était une obligation pour toute personne pénétrant dans le temple,
      et à plus forte raison pour le Cohen Gadol qui pénétrait dans le Kodesh haKodashim.
      Aussi parmi les passages de la Torah y faisant référence voici « Il devra baigner dans l’eau tout son corps, et il restera impur jusqu’au soir  » (Vayikra 15, 16) (Houmash)
      Le mikvé est donc avant tout une obligation dite Déoraita (Loi émanant directement d’ordre divin) et non Derabbanan (Loi relative au Sanhedrine et l’assemblée des Sages).
      La torah en parlant donc de manière plus qu’explicite, il s’agit de l’une des 613 mitsvotes (dite Mitsva Taasé).
      Je me permet de citer un commentaire extrait d’un article d’Hamodia qui cite le RAMBAM. Ce dernier explique dans SEFER HAMITSVOTE Passage 109, que
      « En réalité, la Torah nous signifie par là que lorsqu’un homme souhaite se purifier de son impureté, il ne pourra le faire que grâce à une immersion dans l’eau « .

      En espérant avoir donner une réponse exhaustive à votre question.

  3. julie says:

    merci audélia de nous rappeler la magnifique mitzvah du mikvé…
    peut etre une suggestion: Sheva nous répète l’importance d’un dernier mikvé pour les femmes ménaupausées ou celles qui n’ont pas toujours ou meme jamais fait la mitzvah…Et si tu nous faisait un bel article là dessus ma tsadekette????

    1. Audelia B. says:

      Excellente idée ma djul !

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