Quand l’émission « The Voice » créée la polémique dans l’enseignement religieux

 

Toujours en contact de près comme loin avec l’actualité religieuse Tsniout Mag’ vous informe des news de ce monde toujours en rapport avec pudeur et Judaïsme. Une partie divisée d’entre nous (dont je fait partie) ne possédant pas de télévision chez soi, chacun tache de s’informer de temps à autre sur la vie, le monde, les évolutions et avancées du monde religieux et de l’Univers dans son ensemble. Inévitable phénomène de société les télés-crochets (tel que l’émission The Voice) comme on les nomme dans le monde de l’audio-visuel font rage et parait-il rencontrent un fort grand succès. Eloigné de ce type d’intérêt (qui certes a son mérite -quoique minime en matière de vie Juive soyons honnête-mais bref…) la rédaction consacre aujourd’hui une topic intéressante en joignant le monde matériel (celui de la télé) et en l’élevant au spirituel (celui de la Torah). Mais me direz-vous « comment cela est possible ? » C’est simple prenez un interdit de la Torah -à savoir celui de voir une femme chanter devant un ou plusieurs hommes, et de surcroît devant des milliers de téléspectateurs- rajoutez le fait que cette jeune femme est issue d’une famille religieuse et est inscrite dans une école qui l’est aussi, et terminer par un renvoi de ce même établissement suite aux divergences d’opinions Halahiques* (issuent de la Loi Juive) concernant le fait d’utiliser sa voix féminine devant un univers qui ne l’est pas… Tsniout mag’ s’interroge et appuie de manière survolée (la question est beaucoup plus complexe) la Kol Icha Erva et la Tsniout de la voix.

1.La voix féminine interdite devant les hommes : pourquoi ?

Ophir Ben Chetrit
Ophir Ben Chetrit

Tout d’abord on parle ici de « Kol BÉicha Erva » (la voix de la femme telle la nudité)  d’après les possekims il est interdit à une femme de se présenter devant un public d’hommes et de chanter (chasons d’amour ou autres textes) du fait que la voix à une connotation d’ordre sensuelle (voir charnelle susceptible de charmer les hommes et d’éveiller une attention en inadéquation avec la pudeur exigéeà la femme et la jeune fille juive. Il est possible de retrouver de nombreux passages dont voici les référents : Rambam, Issurei Biah, 21, 2 and R. Yosef Karo, Shulkhan Arukh, Even HaEzer, 201,1). Les rabbanims restent divisés sur l’opinion sur laquelle la voix de la femme éveillerait des tentations sexuelles masculines. Cependant de très nombreux s’accordent à dire que ce type d’exhibition tend à ressembler aux exigences du monde occidental non Juif éloigné de nos valeurs Judaïques. La rédaction ne s’étend pas d’avantage préférant accorder un article entier sur le thème…A suivre dans Tsniout Mag’…

2.Petit retour sur…

Bon le fond du débat c’est quoi ? Ophir BenChétrit est l’une des participante (parmi les favorites en tête de liste) de l’émission chargée de dénicher des nouveaux talents de la chanson « The Voice »en Israël . La jeune femme possède aux dires des journalistes un talent remarquable et serait fort appréciée du jury. Seulement voilà, la jeune femme tout juste âgée de 17 ans par qui le scandale est arrivé (là j’exagère) est accessoirement issue d’une famille pratiquante et est également inscrite dans une école en accord apparent ou supposé avec le dereh’ (direction religieuse) de la famille. Résultat de l’histoire , lorsque la direction de l’établissement l’apprend elle suspend de manière immédiate la jeune femme pour deux semaines (vous me direz ca lui laissera le temps de travailler sa voix…Humour.. je précise).

3.La réalité ou l’envisageable de ce fait divers 

Si j’écris ou réécrit ce paragraphe c’est aussi après mure réflexion. De nombreux lecteurs ayant participé au forum m’ont jugés satirique.La première de mes pensée va donc à la jeune femme. Ophir n’a en réalité rien fait de grave en se présentant comme des milliers d’autres pour tenter sa chance, mais elle aurait du grandir dans une autre école dans ce cas. Plusieurs points de vue à cette audition en jugeant le Kaf zehout :

Ophir est peut-être simplement issue d’une famille un peu plus que traditionaliste, et de nos jours il arrive que des parents ultra pratiquants dirigent leurs enfants vers des écoles religieuses car ils se rendent comptent que souvent ses dernières obtiennent des bons classements nationaux. Cette dernière qui n’est alors pas spécialement religieuse mais plutôt pratiquante , issue d’une famille qui l’a fait grandir dans la tradition Juive Andalouse (elle le dit lors de sa première apparition) a suivi les règles de l’école en menant (on suppose) un style de vie différent en dehors. C’est pourquoi, les parents ont sans doutes jugé inoffensif cette présence au sein d’une émission où elle aurait à chanter devant des hommes. Mais l’école (et elle a raison sur ce point) a jugé cela comme une influence néfaste allant à l’encontre des Lois de la Torah, et surtout a eu peur de voir les autres jeunes filles imiter ce style de vie qui d’après la Torah attrait aux mauvaises moeurs. Si cette dernière souhaite faire carrière , elle peut s’inscrire dans une école qui est religieuse mais plus traditionaliste tout simplement, aller là ou elle pourra ouvrir un dialogue, étudier et suivre ses reves, le respect de l’établissement quant à lui, et de ses règles (quelle que soit l’école) est primordial, surtout lorsqu’il s’agit de Torah. Quant à l’école elle serait en mesure de revoir ses critères d’admissions et d’ouvrir le dialogue sous peine de créer un sentiment de dégout de la religion plutôt que d’apprentissage dans l’amour et l’écoute…

-L’enfant a un talent. Mais l’enfant n’est aussi plus une enfant, elle a dix sept ans et a su certainement prendre seule sa décision. Nous ignorons l’enseignement et les cours dispensés dans son école, si des cours de Tsniout expliquant la Loi sur la Kol Icha Erva ont été donnés (nous supposons que oui) alors pardonnez moi, mais il est possible que les parents n’aient pas pensé ou aient fermé les yeux sur les conséquences (sans doutes ne s’imaginaient ils pas une exclusion). Résultat Ophir n’est plus au coeur du débat que pour sa voix mais pour son manque de Tsniout (au regard de son établissement religieux).Il est dommage qu’a présent cette dernière soit pointée du doigt mais ce sont les risques : la télévision ne fait pas dans la discrétion et les écoles religieuses ont leurs règles.

L’établissement a t’il été trop sévère ? Malheureusement NON. Il a agit en répondant aux Lois Juives qui interdisent à une femme de se présenter et de chanter en public devant des hommes. L’erreur aura sans doutes été de donner raison aux parents d’élèves, l’école sait ce qu’elle doit faire mais à coté la jeune femme ne devrait pas subir une telle pression médiatique et relationnelle. D’autant plus que cela révèle de nouvelles tensions en Israël entre monde religieux et monde non religieux.Le sérieux des écoles religieuses (toutes tendances religieuses confondues) ne devraient certainement pas être mêlées à tout ce bruit. Sans le vouloir c’est de la mauvaise pub. Pour les deux parties.

Enfin afin de clore ce débat. Sachons que les lois et enseignements de nos sages ne peuvent être envisagés de manière aléatoire . Chaque école religieuse à son niveau religieux. Mais la Torah reste inchangée et nul n’est censé ignorer la loi de mon avis. Après il faut sans doutes s’inquiéter pour Ophir surmontera t’elle la célébrité et ses dangers en tant que Bat Israël ? N’est elle pas trop jeune et les rêves ne sont ils pas éphémères ? Vous me direz : « après tout elle reste Juive » oui mais si elle s’est enrichie d’un enseignement religieux il est triste de la perdre en tant que Princesse d’Hashem. A 17 ans on a beau avoir de la personnalité on est souvent en proie à son entourage, et le monde factice des paillettes éloigne souvent de la Torah, esperons donc qu’elle fasse exception à la règle…Pour le moment je vois cette jeune femme beaucoup plus victime du système que victime de son école.

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4 thoughts on “Quand l’émission « The Voice » créée la polémique dans l’enseignement religieux”

  1. Mister says:

    J’ajouterai qu en voyant les parents je suppute qu’ils doivent être traditionaliste le père ne porte pas de tsizit ni la femme ne porte de kissouy ou de perruque… Et lors d’une représentation la petite Ofir avait une jupe au dessus des genoux… Elle qui se dit orthodoxe, elle est très light ainsi que ses parents…

  2. Hanna says:

    enfin la condamner de manière aussi publique à 17 ans pour une chanson peut la braquer contre toute « religion » pour le restant de sa vie…

  3. hannah says:

    C’est souvent ce qui arrive lorsque l’on tend a etre trop « parve » dans sa pratique ou bien qu’on delaisse des parties claires de la Torah, le kissouye, la tsniout…alors on commence a ne pas voir le mal dans le fait de et de…chanter en public..montrer un peu les genoux etc…
    Mais le fait d’etre trop ferme et intolerant mene aussi a des rejets ou de l’autre ou carrement de la religion.
    Donc il faut essayer de ne pas juger mais d’en tirer des conclusions quant a l’esprit dans lequel on va vivre son judaisme et guider sa famille.
    Le reste n’est ensuite qu’esperances et prieres.

  4. Philyossef says:

    Certains autorisent avec un micro…

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