La franchise : une qualité de Tsniout

Premier jour de Selih’otes (pour les Sefaradims). Premier jour aussi de remise en question importante pour chacun d’entre nous, avec l’arrivée de Tichré et des Jours de Pénitence (Yamim Norayim). Comment avancer à notre humble niveau ? Se dire cette année encore « h’atati  » ( « j’ai fauté »), et je veux réparer le mal que j’ai pu causer autour de moi. Je veux, oui, plus qu’une volonté : souhaiter le changement comme un fondement, une vérité absolue. Tsniout Mag’ choisira ce que l’homme appelle « défaut » ou « qualité » comme outil de travail personnel pour parfaire cette soif de  »soigner l’âme » et par dessus tout le rapport avec son prochain . Nous commencerons donc ce volet engagé, avec cette semaine un débat sur la franchise : une qualité de Tsniout.

Ne vous est-il jamais arriver de ne pas comprendre les raisons d’un comportement émanant d’un proche ? N’avez vous jamais ri (ou pleurer) de voir disparaître de votre vie , du jour au lendemain un ou une amie , sans raisons apparentes ? Le parloir Tsniout Mag’ recueille de nombreuses questions des lecteurs et s’interroge à leur coté. Pourquoi les gens qui comptent pour nous ne sont-ils pas toujours capable de faire preuve d’honnêteté ?

 

La « fausse » Tsniout : l’excuse facile des lâchesComprenez combien notre religion est riche ? Sachez donc bien faire le distinguo entre l’utilisation de la pudeur à des fins mensongères et la véritable Tsniout. Sans rentrer dans des jugements profonds de l’autre (ce n’est pas notre rôle mais celui du Tout Puissant), comprenez-vous la facilité avec laquelle nombre d’entre nous vous diront : « je n’ai pas pu lui dire le fond de ma pensée, je suis trop pudique ». Ou encore la vision idéaliste mais voilée de celui qui dira : « Cela ne sert à rien de dire ce que je pense, j’ai préféré passer à autre chose, la vie est courte ». Merci de ne pas confondre respect de l’autre et honnêteté. Ce qui fait de la femme et de l’homme Juif ce qu’ils sont c’est avant tout : la religion. Ce qui fait de la religion Juive son pouvoir et sa force sur le monde c’est qu’elle repose sur le EMET. (La vérité). En effet, il est connu lorsque l’on découpe le mot vérité en hébreu , à savoir « EMET » אמת que si l’on retire la première lettre du mot, l’on obtient le mot מת (MET) à savoir « mort » à D. ne plaise.

Il est en effet primordial de ne pas déformer ce que les Sages nous ont enseigné de la Tsniout. Merci encore une fois de ne pas manipuler cette valeur riche et profonde à des fins personelles et détournées. L’on peut parfaitement revendiquer (avec discrétion) sa tsniout et apprendre la franchise envers son prochain. N’oubliez jamais ce qui compte ça n’est pas uniquement ce que vous dite mais plutot COMMENT vous le dites !

Les non-dits, une dérive possible vers le  Lachone AraChaque vérité, chaque pensée, chaque douleur qui vous torture de l’intérieur, chaque mécontentement ou pire encore chaque malentendu qui n’est pas reformulé ou adressé à la personne responsable mûrit très souvent au fond de l’être. Le résultat ? Vous gardez en vous un sentiment de peine ou d’insatisfaction qui risque de se transformer à la longue en ressentiment et en amertume. Nous sommes des êtres encore faibles, et il est commun de voir malheureusement les langues se délier facilement. Le problème c’est que votre rancoeur n’est pas mise au clair avec la personne qui vous a blessé, elle est enfouie et lorsqu’elle bouillonne c’est auprès des autres que vous aurez tendance à vous « soulager ». Or, vous connaissez le triste adage Toraique qui relate que le Lachone Ara touche trois personnes : celui qui parle, celui qui écoute la médisance et celui qui est visé par cette dernière. »Préserve ta langue des discours perfides  » (Michlé)

« Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire » : l’expression du Goy et non du Sage :   Cessons un bref instant de nous calquer sur les modèles occidentaux. Tachons de ranger au placard les expressions « tarte à la crème » qui nous pseudo-facilitent la vie alors que dans la réalité elles ne veulent pas dire grand chose dans un monde Juif rempli de Torah. Apprenons à agir avec Tsniout. Mettre les choses au clair, réfléchir avant de formuler sa phrase, établir une discussion posée et non un rapport de force  avec notre prochain voici une attitude digne de Tsniout et de franchise. Certes, l’honneteté n’est jamais simple (nous en conviendrons) mais elle dissipe les doutes, et évite à l’autre de « se faire des films » et pire encore d’apprendre votre rancoeur de la bouche des autres (ce qui conduirait hasvechalom au danger de Réh’iloute-Colportage-).

En cette veille de jugement, où l’on prie pour que notre nom soit inscrit dans le livre de la vie, apprenons à donner un sens à la grave prière de Roch Hachana et de Kippour, plutot que de consacrer notre journée à la prière comme un simple rituel annuel. S’ouvrir à l’autre c’est aussi apprendre à faire régner le vrai dans un monde qui nous vend sans cesse du faux. L’occident, éloignée des valeurs Juives fait un véritable culte du factice : publicité, marketing, chirurgie esthétique, produits manufacturés chimiques, cultures de légumes transgéniques, etc…Alors si même auprès de votre prochain il vous est difficile de parler, de trouver l’équilibre entre votre pensée et les limites de son dévoilement : profitez de cette année nouvelle que l’on souhaite douce comme le miel pour éloigner de vous et de votre rapport « Ben Adam Le H’avero » (envers son prochain) tout les vinaigres du coeur qui empoisonnent  l’esprit et nuisent à la Nechama.

A méditer…

 

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