Dossier : Surveiller son langage (Le nivoul Pé)

Cet article est dédié à l’élévation de l’Ame de notre ami Yoann Guez zal (Moshe Ben Ryvka) parti trop tôt…Qu’Hashem le prenne sous Son aile protectrice.

_74403132_462618223« A cause de la bouche laide, beaucoup de calamités arrivent ». Traité Chabat passage 33

Introduction à l’article de la semaine au travers d’un dossier (qui sera lui même divisé en trois actes), à la recherche de l’amélioration de soi et de nos midottes. Voir pudique, voir plus haut , voir plus loin afin de se rapprocher d’Hashem. On s’imagine parfois à tort que les hautes sphères de la cacheroute se limitent à l’abattage d’une bête ou la séparation de vaisselle. Comme chacun le sait, chacun avec son niveau et son bagage de Torah la réalité étend le mot casher à un concept  beaucoup plus vaste et complexe. Ainsi avoir un langage propre et digne d’enfants d’Israel fait en quelques sortes partie du processus de cachérisation de notre bouche, de nos pensées et de la manière de le vivre dans nos actes. Un retour important sur un point de la Tsniout des plus précieux : la surveillance du langage sous ses différentes formes ici le Nivoul Pé.

Notre langage en dit long sur ce que nous sommes ou tendons à devenir 

N’oublions jamais d’où nous venons si nous désirons savoir ou l’on ira dans le futur, l’homme et la femme dans leur ensemble ont un véritable devoir de travail sur leur langage. La Tsniout du langage est un devoir qui incombe à chacun aussi bien pour celui qui a pour devoir d’étudier la Torah que pour celle qui doit se vêtir et agir avec convenance. Personne n’est exclu. La grivoiserie, la légèreté , les blagues tendancieuses, l’humour outrageant, les rires exagérés, tant de comportements du quotidien que l’on emmagasine parfois sans s’imaginer pourtant qu’ils soient pernicieux pour l’âme et pour ce que nous sommes. Non, merci de ne pas y voir une restriction, merci de ne pas croire que la pudeur du langage est un fardeau posé sur nous épaules nous empêchant de vivre et de « se détendre ». La Torah nous a été offerte par Hashem et si chacun avance et la vit avec son niveau,personne n’est à l’abri de représailles face à un mauvais comportement. Et non, la pudeur n’est pas limité à foulards et perruques, jupes longues et talith katane…Le langage et tout ce qui l’entoure sont  des facteurs soit de risques (si l’on ne le contrôle pas régulièrement sa bouche) soit de chance (si l’on apprend à mesurer paroles et attittudes). Tous nos actes et paroles sont répertoriés auprès du Tout Puissant…à nous de voir…Ne devenons pas ce que nous disons, apprenons plutôt à doser le langage afin de travailler sur soi.

Le nivoul pé (grossièreté ou vulgarité du langage) être dans une situation où votre humour où celui de votre voisin dépasse l’environnement qui vous entoure, en rire à gorge déployée et ne pas se reprendre ne serais-ce que par la pensée. Vous me direz ? Et alors ? Etes-vous parfaite ? Je vous répondrais que non, et que malheureusement maman de petits bambins combien de fois les mots nous échappent et nous voici en phase avec une vulgarité sans précédents qui se transmet à l’oreille naïve de l’enfant au risque de l’entendre répéter ces mêmes mots. Ces mots qui nous échappent nous les connaissons tous, et nous sommes d’accord sur le fait que l’erreur est humaine, cela ne veut pas dire qu’il faudra alors continuer à jurer en toutes occasions ! Sur le plan de certains sujet tels que l’intimité conjugale, ou les situations du monde contemporain tout simplement, évoquer des thèmes comme la sexualité en travestissant son but premier en blagues douteuses cela fait partie par exemple du Nivoul pé. Je m’amuse souvent à faire un jeu de mot entre le Nivoul Pé et le Niyoul Pé (niyoul de l’hébreu Verouillé) car lorsque je me surprend à jurer, ou utiliser un vocabulaire parfois vulgaire je me dit alors que laisser place au silence et fermer sa bouche à clé est préférable…l’espace d’un instant. Non il ne s’agit pas de se soustraire à toutes formes d’humour, mais d’un point de vue Toraique il y a Humour et Humour. Et l’on ne peut pas rire de tout, ou du moins se soustraire à l’Oeil du tout Puissant avec un langage qui ne nous ressemble pas. Au risque de déplaire je m’adresse aussi aux hommes, qui sans faire de clichés ont tendance à parfois user d’exubérance en terme d’humour là où on reprochera à ses dames de « jacasser »…chacun son h’echbon nefesh donc. Attitude de « coincé » ? Non ! Réflexion sur nous même…

Le mot nivoul est un dérivé direct du mot « naval » la folie, la démesure. Au sein du peuple Juif, l’on ne se rend pas compte du mal être et de la confusion que des mauvaises paroles entrainent dans les différentes sphères (dans le monde futur et les mondes ha elionim* les mondes parallèles qui nous séparent du monde Futur) établient par le Tout Puissant, les Cieux pleurent devant chaque mot mal dirigé, blessant, moqueur, déplaisant voire indigne de la part d’un membre du Am. Mais le langage est tellement fluide pour grand nombre d’entre nous que les mots coulent tels une source fraîche et il nous parait souvent impossible de contrôler la force aussi bien néfaste que positive de ces derniers !

Les innombrables dérives du langage 

Je relate cette magnifique citation de nos sages elle-même extraite d’un ouvrage tres complet sur le langage. Hazal (Nos sages de mémoire bénie) « Be chlocha devarim adam nikar : bekosso, be kisso, ou be kaasso ve omrim lea af bessarko » « L’on reconnait la personalité d’un etre humain à trois comportements : son ivresse, sa tsedaka, sa colère et parfois meme à son rire  » Paroles du Sage et vénéré Rabbi Yehuda Bar Ilai -Talmud Babli-Traite Erouvin. (Nous remercions Lionel D. notre source )

Vous remarquerez pour les lecteurs hébraïsant le jeu de mots à la lettre prêt entre « kosso, kisso, kaasso » « כוסו כיסו כעסו » une succession de mots à la symétrie de sons qui décrivent également le rapprochement dans les « mauvais comportement qu’entraînent chacun d’eux ». La boisson entraîne la folie ou les mots que l’on ne pense pas. Combien de personnes sous l’effet de l’alcool  ont agit avec imprudence aussi bien sur la route que dans leurs actes envers leur prochain, usant alors de langage outrancier ou de paroles blessantes. Utilisant même l’expression française « il ou elle a l’alcool mauvais ». La poche « kisso » relate combien les dérives du langage sont prenantes lorsqu’un homme est touché sur son argent, source d’orgueil et de tourment dans bien des cas. Ainsi soit un homme fera don de tsédaka avec bonne remise en question et dans le but d’honorer Hashem et son prochain, soit meme dans la tsédaka il se laisse aller à des mots regrettables dues à sa recherche des honneurs, ou sa fierté démesurée. Enfin la colère acte répréhensible et porte ouverte sur le issour, cette dernière pousse l’homme a fauter par le langage : l’injure, l’humiliation, les mauvaises pensées, les cris, la moquerie…lo alénou tant de mauvais traits qui dépasse l’homme lorsque ce dernier se laisse envahir par sa colère. En dernier lieu le rire : la manière dont une personne rit peut aux yeux de nos sages souvent etre revelatrice. N’exagerons rien , nos Sages ont mis en relief notre Torah de vie et chacun sait que le rire est sain pour l’ame mais comme toute chose ce dernier doit etre mesuré. Il existe des rires moqueurs D. preserve, des rires de raillerie, de méchanceté, des rires de provocation, ou comme dit plus haut des rires de futilité ou grivois. Hurler de rire n’est pas digne d’un comportement purement Juif, alors non je ne vous demande pas de vous enfermer chez vous à pleurer hasvechalom, je met en relief l’importance de rire avec finesse, sans mauvaises pensées. Et s’il existe des jeunes femmes particulièrement pudiques par le vêtement, il arrive malheureusement qu’un rire méchant ou très bruyant soit mal interprété, et que le vêtement pudique soit compromis par une attitude qui l’est moins. Or la base même de la Tsniout est le contrôle de soi. Vous comprendrez ici qu’aucune chose n’est mauvaise en soi, si cette dernière est sous contrôle. Or, comme de nos jours notre niveau en Torah est parfois affaibli  des choses moins spirituelles -par manque de temps ou de motivation-nous avons plus à coeur de nous remettre en question (c’est au moins ça de pris) sur tous les plans, il convient donc de continuer à rire et parler mais avec une réflexion sur la portée de nos attitudes, car rien n’est anodin et chaque comportement est inscrit dans les livres d’Hashem. C’est un travail complexe et quotidien …mais cela renforce et sauve des vies…

Tsniout Mag’ -Tous droits réservés – Reproduction interdite ®  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *