Dossier : Surveiller son langage Le Lachone Hara

Les méfaits du langage

Les méfaits du langage

Préambule : Tsniout Magazine ouvre une nouvelle brèche sur le dossier du langage dont le lachone Hara représente LA thématique centrale. Cet article est écrit au moment ou le Peuple Juif traverse de nouvelles tensions avec la perte de nos chers et bien aimés frères Guilad, Eyal et Naftali  Zatsal,kidnappés et tués de sang froid : parce qu’ils étaient Juifs. Dans ce contexte donc, une plume traversée d’émotion nous ouvre le coeur et les yeux sur une réalité cruelle. Cet article ne changera évidemment pas le cours des choses, mais la Sainte Torah peut elle, nous aider à nous améliorer dans notre être et avec profondeur chaque instant…Gageons de prendre quelques instants francs en fonction de notre niveau et de nos capacités pour éviter le Lachone Hara, et pour travailler  nos midottes par l’étude entre autre de l’un des ouvrages de référence « Un jour, une halaha » d’après les ouvrages du Hefets Haim Zatsal. Ici, tout ne pourra pas être dit, une synthèse sera faite, car le lachone Hara est un sujet vaste et complexe auquel un magazine entier ne suffirait pas.On ne changera pas CE monde, mais on peut au moins préparer notre monde futur…Audélia B.

Connue, imagée et représentative : « Préserves ta langue du mal et tes lèvres des discours perfides » et Psaumes 73/9

La langue : arme de destruction massive 

Quarante trois péchés sont énumérés lors du Yom Ha Kippour jour de pénitence et de repentir et parmi eux, onze impliquent le langage. Pour tous ceux et celles qui jusqu’ici s’imaginaient que l’on affecte uniquement au monde de l’armement des images matérielles telles que les tanks, la bombe atomique ou encore les armes de pointe, c’est que vous n’avez alors pas encore tout vu…et …entendu : bienvenus dans le monde du corps, bienvenus dans le monde de l’etre, bienvenus dans le monde de l’etre Humain, découvrez le Lachone Hara. Un corps habité d’une âme et à l’intérieur duquel l’on recense près de 600 muscles différents.Parmi ses muscles : une arme de destruction massive ( si l’on n’use pas de prudence à son égard) : LA LANGUE (ou en Hébreu Lachone). La langue que l’on s’imagine pourtant tellement inoffensive, ou que l’on oubli par routine…est pourtant distinguée par notre Sainte Torah comme  un danger capable d’anéantir des mondes. Et même pour celui capable d’accomplir d’immenses mitsvotes (bonnes actions), si sa force dans la mitsva n’équivaut pas sa sagesse de pensée et de parole, alors une grande partie de ses bonnes actions sont malheureusement annulées (tout du moins dans le monde futur).

Des centaines et des centaines de références Talmudiques et rabbiniques sont consacrées au langage, que dis-je, des livres entiers ! On peut véritablement considérer le chapitre du lachone Hara comme un énorme et lourd dossier du judaïsme. Le Gaon De Vilna de mémoire bénie relatait le Lachone Ara comme étant l’un des plus grands crimes de la Torah, de quoi frémir…De mots en mots, de paroles en paroles chaque son néfaste produit par notre langue et émi par notre bouche est une faute en soi. Et c’est un crime qui va inculper notre interlocuteur qui lui même est à l’écoute de notre médisance. Je vous laisse donc imaginer la spirale infernale que cela entraîne, c’est sans fin ! J’aime à citer cette magnifique annotation du Hovot Halevavote qui ramène ce fait joliment imagé : « la bouche est la plume du coeur ». En effet, ce que le coeur pense, l’esprit n’a bien souvent pas le temps de l’examiner que la bouche l’a deja exprimé !

Les mots peuvent aussi être source de  grands prodiges

Toute chose mauvaise doit aussi être analysée avec une part de positivisme. Les mots, aussi difficiles soient ils , la langue aussi complexe soit elle à « dominer » a ses méandres et ses lumières. Ainsi les mots sont aussi source de réconfort : par exemple le réconfort, la patience, la chaleur , la présence, le conseil bienveillant, des mots qui tranquillisent et qui apaisent la peur d’un enfant, la perte dans le deuil D. protège, le courage dans l’épreuve, l’espoir lors de la visite d’un malade, etc… Toda la El la liste est aussi longue et vivifiante pour l’ame qui se console alors et s’imagine facilement l’instrumentalisation de la langue dans ses aspects positifs …aussi. Sachez que le travail sur le langage n’est pas une mise en place de barrières avec des CRS célestes pour vous matraquer de l’autre coté. Sachez que le travail et la surveillance du langage sont aussi des manières de découvrir son Moi et la force caché de ce dernier ! Vous ignorez le nombre de choses fantastiques dont vous êtes capables, nous sommes Tselem Elokim crées à l’image du Tout Puissant, nous sommes donc forcément bon et sans tomber dans le naïveté c’est ce BON qu’il faut tacher de mettre en relief chaque instant ! Biensur que l’on peut passer son temps à se morfondre sur le mal que l’on a fait, mais à un moment donné il est aussi bon d’avancer en se disant qu’on ne peut pas tout réparer dans ce monde là mais qu’utiliser la langue pour faire du bien nous prépareras à la venue de la Geoula et d’un monde futur moins complexe. Il existe aussi un point essentiel dans l’aspect positif du langage c’est la manière dont VOUS parents et futurs parents vous le transmettrez à vos enfants ! Que ses êtres purs aient devant leurs yeux un héritage certes de Torah, mais aussi de bonté et de générosité, car la langue peut offrir tant d’évidences et d’authenticité dont seul VOUS parents vous ferez les gardiens, vos enfants vous remercieront.

Lachone Hara : « Toute parole ou mot pouvant causer du tort à son prochain »

Que cela passe par le simple potin à la calomnie, de la plus légère des plaisanteries en passant par la moquerie douteuse, divulgation d’un secret, propagation outrancière, mensonge et invention, involontaire ou opiniâtre et résolue : WARNING La langue peut gravement nuire ! Combien de fois nous est il arriver de discuter et de blesser un ami en utilisant ou en évoquant un fait à notre sens anodin qui a pourtant eu répercutions sur cette même personne des années plus tard…Des amitiés bouleversées, des coeurs blessés, des pensées inavouées…des chapitre à faire et refaire à réécrire et à penser…bien des tourments et bien des secrets dans l’âme naissent et déclenchent alors rancune et amertume dans le coeur de celui « qui encaisse et ne dit rien »…Moi même qui écrit en ses instants o combien houleux pour le Am, je n’ai de cesse d’énumérer les faibles instants que ma mémoire a eu la bonté de restaurer et d’embellir…Ses instants que la mémoire sélective classe dans les dossiers refoulés parce que compliqués et avilissant pour tant pour la Neshama que pour ce Moi immergé. Cette partie de l’Iceberg que l’on piétine au pic à glace pour qu’elle fonde au soleil et ne refasse pas surface…Mais dans le Monde à venir il n’y aura point de mensonges et je devrais ainsi rendre compte non plus de mes écrits mais de mes paroles…Religieusement décalés nous promettons et jurons avec sincérité lors de chaque Yom Ha Din, et pourtant, l’etre Humain perfectible et non parfait : médira et dira à nouveau les jours suivant. Tu médiras dans ce monde là , tu mendieras dans le monde futur. Je pourrais donc continuer ainsi longtemps, et répertorier ce que les répertoires du monde contiennent à ce sujet, mais celui qui tient les véritables comptes est au fait de tout, au  Ciel et omniprésent, c’est lui même qui sonde les coeurs… N’abîmons pas l’image de notre Boré Olam (Créateur) , l’image d’un homme est celle d’Hashem, dire du mal d’un homme c’est donc…je vous laisse finir la phrase dans vos têtes…moi j’ai bien trop crainte…de l’écrire…et de le dire.

 

Chavoua Tov…Audélia B.

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