Parachat Devarim ou savoir aimer la critique

La paracha Devarim commence 36 jours avant la mort de Moché Rabbénou. A cet instant, Moché commence un discours d’ad.eu à son peuple.

« Celles-là sont les paroles que Moché a déclaré à tout Israel de l’autre côté du Yarden, dans le désert, dans la plaine, face à Souf, entre Paran et entre Tofel, et Lavan, et ‘Hatséroth et Di-zahav. » (Dévarim, 1:1)

Rachi nous explique que Moché commença son discours par des réprimandes contre les Bné Israël pour toutes leurs erreurs passées (on le voit par les  énumérations de tous les lieux où les Bné Israël ont irrité Hachem). Rachi nous précise que Moché a fait ces réprimandes par insinuations pour ne pas les embarrasser.

Il est intéressant de remarquer que la plupart des sujets de reproches abordés par Moché concernait des personnes qui n’étaient même plus en vie puisqu’elles étaient mortes dans le désert pendant les 40 ans d’errance du peuple d’Israël. Pourtant, on voit que Moché adresse ces remontrances aux enfants de ces personnes décédées qui n’ont pourtant rien fait ! Ceci est plutôt inhabituel, quelle en est la raison ?

En fait la réponse est la suivante : à chaque époque, chaque personne peut trouver dans les mots de la Torah et les paroles de Moché qu’il a lui aussi failli par les mêmes erreurs que la génération du désert.

paracha devarimPourtant nous savons qu’un reproche est souvent adressé à une personne bien spécifique sinon elle n’a aucun effet. Cependant, Moché en tant que chef des Juifs, avait un lien particulier avec chaque âme Juive et il était donc capable dans sa réprimande de choisir des mots qui s’appliquent à chaque Juif quelque soit sa génération.

Le Tsema’h Tsedek z »t »l a un jour critiqué férocement un certain comportement. Après cela, certains de ses disciples sont venus vers lui et chacun s’est plaint que la Rabbi les aurait publiquement embarrassé puisque la réprimande était visiblement dirigée vers eux. Il leur répondit :
« Ai-je pensé à chacun de vous en faisant cette remontrance ? Oui, en quelques sortes. En effet, je suis comme un chapelier. Le chapelier façonne un chapeau et le place dans la vitrine de son magasin. Les gens viennent essayer le chapeau sur eux jusqu’à ce que finalement quelqu’un trouve que celui-ci va parfaitement à son tour de tête. A qui le chapelier pensait quand il fait ce chapeau ? Précisément à cette personne qui a acheté ce chapeau parce qu’il lui allait parfaitement et qu’il lui convenait. Cela marche également pour moi, quiconque a senti que mes paroles s’appliquaient à lui, alors pour lui ma critique était censée. »

En fait l’aspect le plus critique de la to’ha’ha (reproche) n’est pas la façon dont il est dit mais la manière dont il est reçu. Celui qui est ouvert à l’auto-amélioration et qui cherche constamment à améliorer sa personne voit des reproches dans tout ce qu’il voit et entend et il aime cela. « fais des remontrances au sage, et il t’en aimera davantage » (Michlé 9:8). A l’inverse pour celui qui ferme ses yeux et son esprit à la critique, aucun mot (aussi éloquent soit-il) ne peut le changer comme le dit le début du verset dans Michlé « Ne morigène pas le railleur, car il te haïrait« .

Le Talmud raconte l’histoire d’un sage qui a toujours été le dernier à quitter le Beth Hamidrach (la salle d’étude) le soir et le premier à arriver le lendemain matin. Un matin, il se leva et constata que certains agriculteurs avaient déjà commencé à travailler la terre. Il a pris cela comme un reproche : Si eux, dont le travail implique uniquement un travail matériel sur les fruits du champ, sont capables de se lever aussi tôt, alors moi, qui peinent dans la Torah d’Hachem, à plus forte raison je devrais me lever tôt ! Dès lors, il pris la décision de se lever encore plus tôt.

Puisse donc chacun de nous avoir la bonne habitude de garder toujours l’esprit ouvert face à la critique et de l’aimer ! Avec comme objectif continuel de s’améliorer constamment…car comme le dit Shlomo Hamele’h : « Donne une leçon au sage, et il deviendra plus sage »…

One thought on “Parachat Devarim ou savoir aimer la critique”

  1. Rahel (Nat) says:

    Au jour d’aujourd’hui, il est difficile de prendre les critiques positivement.
    Accepter les critiques de personnes qui le disent assez sèchement, ou entendre des propos blessants, je pense que tout le test est la ! A nous d’être assez pieux et calme pour juger son prochain lekaf ze’hout, ce qui fait parti de la tsniout également…
    Merci Avner pour ce bel article constructif qui nous aide à mieux réfléchir avant de nous emporter !!

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