La femme doit-elle se déguiser pour Pourim ?

Bonnes fêtes de Pourim pour tous, vivre l’atmosphère de la h’ag c’est important ! L’esprit jovial, flotte bien souvent dans les airs, au-delà des michloah’manotes, de matanotes laevyonim (très important !), le mah’atssita shekel, le jeune d’Esther qui sont d’une importance cruciale. Le monde Juif a aussi pour coutume de déguiser les enfants en cette fête de Pourim qui nous relate une meguila ou chacun porte un peu un masque (en particulier notre ennemi Hamman). Mais dans le monde des adultes qu’en est -il réellement ? Les hommes, les femmes qui désirent eux aussi participer à la joie de Pourim, ont -ils, eux aussi pour « coutume » de se déguiser ? La femme (plus au centre dans Tsniout Mag’) doit elle en effet déroger à la tradition ou vivre la fête au sens le plus carré de la halah’a (Loi Juive) en laissant cela aux enfants ? Un petit retour sur le pourquoi du déguisement.

Le déguisement à Pourim : Coutume ou Halah’a ?

Se déguiser c’est une chose. Savoir pourquoi c’est mieux ! La méguila ne vous le dira, jamais de manière très explicite mais, les premières sources (même vagues) du déguisement sont relatées dans cette dernière ! En effet, l’idée de « jeu de rôles » est implicitement suggéré, ainsi comme on peut le constater l’accusé ( à savoir Mordeh’ai et le peuple Juif) à qui Hamman souhaitait dans les délais les plus brefs dresser potence, est en fait innocent. Et le bourreau (ici Hamman) n’est autre que celui qui finira au ban des coupables, pour sa machiavelerie et ses complots infâmes. Mais attention au niveau des Saints Ecrits (comme la Guemara ou la Mishna) aucune des sources halah’iques ne parlent de l’obligation ni même de la coutume du déguisement. On en a déduit donc avec le temps, qu’il s’agissait en effet surtout d’une coutume du peuple et que malgré les sens cachés allusifs dans la lecture de la Meguila, il n’existe pas d’écrits stipulant clairement le devoir de se déguiser à Pourim !

La femme qui se déguise : « dévoile » Esther …

Nous l’aurons bien compris, pour la femme adulte comme pour l’homme le déguisement n’est qu’implicite et apporte un peu de folklore à la fête. Cependant, pour celles à qui il tient à coeur de « revêtir » une nouvelle peau ou de se travestir, il faut que cela prenne un sens. Comprendre en tant que femme Juive c’est toujours plus intéressant que de se déguiser uniquement pour se déguiser. Chaque geste d’une femme religieuse, doit être accompagné de sens. Esther ( une des grandes figures féminines religieuses), ne portait pas son nom par hasard, tout au long de la Meguila elle s’efforce de dissimuler ses origines, elle cache et se cache. Figure de discrétion, elle reste même en étant reine toujours à l’ombre des discussions et implore par l’aide de son frère, le peuple a jeûner pour son salut. Image paradoxale pour un personnage qui dans n’importe quelle autre situation, ou dans la peau d’une autre se serait mise au premier plan , de par son statut social (reine) et de par sa beauté physique !

C’est la révélation qu’elle fera au roi sur les intentions d’exterminer son peuple que complote son conseillé Hamane , qu’elle se révélera véritablement. C’est un peu, une figure de style, la tsniout en elle-même prend exactement les mêmes attraits elle se cache et reste discrète, mais met la femme en lumière « juste, quand il le faut et en quantité suffisante » si je puis dire… La Tsniout revêt un caractère également très secret.

Le déguisement ne doit pas éclipser la Tsniout du vêtement et du comportement !

Si vous choisissez de vous déguiser, veiller à ne pas vous travestir en homme. Il s’agit d’un interdit formel de la Torah. Autrefois autorisé par certains décisionnaires, il est de nos jours clairement interdit ! Comme ceci est précisé par exemple (pour ne citer que lui) le Rav Epstein auteur du Aroukh Hachoulhane , précise qu’autrefois la femme avait l’autorisation de se déguiser en homme le jour de Pourim, car les choses se déroulaient dans un esprit Kadosh (Saint), de nos jours le niveau en Torah étant clairement beaucoup plus faible pour ne pas dire incomparable, une femme ne se déguisera pas en homme et vice versa !

L’alcool étant autorisé (on autorise surtout le vin) on veillera à participer à la mitsva, en gardant les pieds sur terre. Faire la fête ne veut pas forcément dire s’adonner aux mauvaises moeurs ou oublier d’où l’on vient : « le temps de la fête ». Hasvechalom, apprenons à nous amuser, à profiter, à passer des moments agréables et surtout à accomplir des mitsvotes sans tomber pour autant dans des excès.

Bonne fête de Pourim, et que les masques tombent, pour voir ce que l’homme Juif révèle au grand jour la capacité incroyable de détruire ou celle de construire…à vous de voir !

Audélia B.

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