‘Houkat ou la grandeur de Myriam

myriam la prophetesse

myriam conduisant les femmes lors de kyriat yam souf

La guemara dans Taanit nous dit que le peuple juif avait 3 personnages importants : Moché, Aaron et Myriam. Par eux, ils étaient les réceptacles de 3 cadeaux : le puit (la source d’eau), les nuées de gloire et la manne.

Le puit était en l’honneur de Myriam, les nuées de gloire étaient dûes au mérite d’Aaron et la manne était en l’honneur de Moché. La guemara cite un passage du prophète Ze’haria (11:8) : וָאַכְחִד אֶת-שְׁלֹשֶׁת הָרֹעִים, בְּיֶרַח אֶחָד (j’anéantissais les 3 bergers en un seul mois) pour dire que Moché, Aaron et Myriam, les 3 bergers d’Israel sont tous décédés le même mois.
Pourtant la guemara précise que Myriam est décédée au mois de Nissan, Aaron quant à lui au mois de Av et enfin Moché en Adar. Donc on voit bien que chacun a quitté ce monde dans un mois différent alors que dit la guemara face à cette contradiction évidente ?

La Guemara répond ainsi :
Lorsque Myriam mourut, la source d’eau a cessé de couler et c’est seulement grâce au mérite de Moché que l’eau est revenue.
La même chose s’est produit lors de la mort d’Aaron où les nuées de gloire ont disparu. Et tout de suite après, par le mérite de Moché, elles sont revenues.
La Guemara explique qu’étant donné que ces miracles sont vite revenus par le mérite de Moché, le peuple juif n’a pas intériorisé la valeur de la perte de Myriam et d’Aaron dont ils avaient pourtant bénéficié des miracles pendant quarante ans. Il a fallu attendre la mort de Moché et l’arrêt simultané de ces trois miracles pour que le peuple comprennent la portée de la bénédiction dont ils étaient dotés grâce à ces 3 bergers.

La Torah dit (20:1) : וַיָּבֹאוּ בְנֵי-יִשְׂרָאֵל כָּל-הָעֵדָה מִדְבַּר-צִן (Les enfants d’Israël, toute la communauté, arrivèrent au désert de Tsine)

Le Ohr Ha’hayim Hakadosh demande : si la Torah nous dit que les Bnei Israël arrivèrent dans le désert, pourquoi est-il nécessaire de dire « toute l’assemblée », cela semble superflue et surtout redondant ?
Le Ohr Ha’hayim Hakadosh répond que la Torah utilise plusieurs manières pour nommer le peuple juif. Par exemple, des fois ils sont appelés en tant que « am » (peuple), ce qui indique qu’à ce moment précis ils sont « ordinaires » c’est à dire que leur niveau spirituel est très bas. Cependant quand la Torah les nomment en tant que Bnei Israel, c’est pour nous dire que leur niveau spirituel est spécial. Le Ohr Ha’hayim explique enfin que quand la Torah dit « Bnei Israël…toute l’assemblée » c’est pour indiquer que quand ils sont arrivés dans le désert de Tsin, tous les Juifs étaient à un niveau spécial de « Bnei Israël ».

Si on suit ce raisonnement, cela change notre perception de ce que dit notre paracha. En effet, lorsque les enfants d’Israel sont arrivés dans le désert de Tsin, Myriam est décédée et ils n’avaient pas d’eau à boire, car la source s’est tarie. Cette situation a amené le peuple à se plaindre avec véhémence contre Moché et Aaron. Or on a vu précédemment que tout le peuple était à un niveau de « Bnei Israël » avec tout ce que cela signifie. Ils ont compris que, malgré leur niveau spirituel avancé, ils ne sont pas suffisamment méritant pour que la source continue à jaillir. C’est donc cette compréhension (de Bnei Israël) qui leur a fait comprendre pleinement la chose et d’apprécier à sa juste valeur Myriam.

On pourrait se demander, quel était l’intérêt de l’interruption de l’approvisionnement en eau étant donné que la mérite de Moché allait faire que l’eau serai de retour très vite. Cependant l’explication du Ohr Ha’hayim vient nous montrer que cette interruption était là pour mettre en relief la valeur de Myriam afin que tout le peuple puisse se rendre compte du niveau spécial de Myriam. Et également que c’était en son mérite uniquement (et non réellement par celui de Moché) que le peuple avait bénéficié du miracle d’avoir de l’eau pendant quarante ans dans le désert.

D’ailleurs il est intéressant de remarquer que Moché fauta en frappant le rocher (au lieu de lui parler comme Hachem lui avait demandé). Cela résulta uniquement à cause du fait que la source d’eau de Myriam s’arrêta. Si Hachem n’avait pas fait en sorte que la source s’arrête de couler, Moché n’aurait pas fauté.
Hachem savait que Moché échouerait et que cela le conduirait à se voir refuser le droit d’entrer en Terre Sainte. Il a néanmoins causé le tarissement la source afin que le peuple juif reconnaisse et comprenne la dimension de la spiritualité de Myriam. Nous pouvons apprendre de cela la reconnaissance du caractère spécial d’un tsadik !

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