Tsniout : qui a vraiment le niveau pour prétendre au « parfait » ?

La remise en question une démarche essentielle

Une bonne semaine à tous pour ouvrir le bal de l’actualité Tsniout !

Tsniout Mag’ fait son retour après une petite pause hivernale et une mure réflexion sur les thèmes qui seront prochainement abordés bh ».

La Tsniout est -ce -que cela nous parle ou devrais-je dire : comment cela nous parle ? Juif ou non Juif. Religieux, traditionnels ou pratiquants. Simples curieux ou désireux d’un retour à la religion. Nous traversons dans nos sociétés une période de recherche de soi (dans de nombreux domaines). La question est à aborder quel que soit notre désir d’avancer et nos racines (séfarades ou ashekénazes, ou autre). De l’institutionnel au religieux. Du personnel au collectif. Aujourd’hui et depuis la nuit des temps il faut l’admettre, faire un pas en dehors de chez soi : c’est d’une manière ou d’une autre être confronté au regard de l’autre (positivement ou pas). Après des témoignages recueillis et de nombreux entretiens auprès de rabbanims nous en venons à la conclusion qu’en matière de pudeur (tsniout) : il nous tient souvent à coeur soit d’évoluer et d’apprendre, soit de vivre de ses acquis, soit d’hésiter entre les deux. Mais lorsque les médias nous offrent sur des plateaux des sujets qui font rages au coeur de nos communautés, la question que l’on se pose aujourd’hui est : Qui a vraiment le niveau pour prétendre au « parfait » en matière de Tsniout ?

Etre rédactrice d’un magazine sur le thème vous permet une brève analyse de la situation. On arrive à faire le distinguo entre différentes catégories de personnes (toujours avec un jugement le kaf zeh’oute bien-sur). Vous désirez faire le test ? C’est simple : choisissez un thème ou pire encore une photo ultra subjective d’un vêtement ou d’un foulard. Vous analyserez rapidement la capacité que nous avons TOUS sans exceptions : à critiquer avec aisance. Il faut y voir une notion d’enrichissement à tous les niveaux. Pourquoi ? Si l’homme donne son point de vue, c’est qu’il s’intéresse. S’il s’intéresse c’est qu’il s’interroge. La réflexion débouche forcément sur une envie d’évoluer ou dans le pire des cas (ce qui n’est pas rare malheureusement) sur la conclusion prétentieuse et parfois inconsciente que notre Tsniout est parfaite (et c’est ce dernier point qui pose souvent problème). Vous me direz qu’une telle remarque est exagérée de ma part ? Et pourtant elle est fondée. Le malheur de nos jours n’émane en rien de celui qui fait la critique, mais plutôt de celui qui n’est pas capable de se remettre en question !

 » Cette robe est bien trop moulante ! Cette perruque est mal coupée ! Vos cheveux sont bien trop visibles sous ce foulard ! » Et moi (il s’agit ici d’un « Moi » impersonnel bien-sur) alors dans tout cela ? D’où proviennent mes sources ? Puisque je suis si sure de moi pourquoi je n’enrichis pas mon prochain de mon savoir, pourquoi ne suis-je pas capable d’enseigner à l’autre (qui est en besoins de progrès et d’aide) ce que MOI je sais puisque je le sais (ou du moins je prétends le savoir)…Avoir la chance d’apprendre les paroles de nos sages et d’assister à des chiourims à l’appui, faire grandir son bagage de Torah et nourrir sa Neshama c’est aussi une occasion de s’ouvrir à un frère Juif qui est « moins » religieux que vous, qui est en phase de conversion et qui cherche à revenir. La critique ne peut être constructive que lorsque l’on est capable de se dire « je donne mon opinion sans oublier que chez MOI AUSSI il reste encore beaucoup à faire ! »

Il ne faut pas se méprendre ! Il ne suffit pas de venir d’une famille froum (religieuse), d’avoir des parents ou des relatifs Rabbanims ou descendants de possekims pour se croire « tout acquis ».Car, bien souvent la route est longue même pour les familles les plus religieuses et l’enseignement strict dans lequel l’on a baigné toute son enfance ne vous garantis en rien une droiture éternelle au niveau de la Tsniout vestimentaire et du langage plus tard. Nos parents se sont nos parents, leur mérite est grand, mais leur enseignement doit avant tout nous suivre emprunt d’humilité sans quoi le modèle que nous sommes censés être pour l’autre se transformera en bien mauvais exemple qui, Hasvechalom aura parfois tendance à se généraliser dans la pensée commune !

Aujourd’hui personne ne peut ni ne veut, se prétendre « impeccable » en matière de Tsniout (car chacun sait au fond que c’est un sujet bien trop complexe pour s’enorgueillir dessus). Je vais vous dire chez chacun (et pas seulement en ce qui concerne la Tsniout) il existe le bien et le mal, et nous le savons, mais parfois nous l’oublions. Chacun devra donc utiliser ses ressources pour approfondir son yetser atov (bon penchant) et travailler un peu chaque jour pour s’éloigner de son yetsser ara (mauvais penchant). Les plus grands rabbanims qui ont pourtant matière à « parler » et un niveau très élevé ne se prononcent qu’après mure réflexion et ce, après avoir consulté pour la millième fois les écrits de nos sages. Les plus grandes rabbanites n’ont pas peur de nos jours de vous dire « je ne savais pas mais j’ai appris et j’apprends encore« . Et nous ? Apprenons à nous taire et à écouter l’autre. A y voir clair avant de juger. A développer des sources avant de citer. A choisir nos mots avant de crier. A penser au chemin qu’il nous reste avant d’humilier l’autre parfois même sans le savoir. Non, notre Tsniout ne nous place pas au- dessus des autres. Même des années de séminaires ne nous accordent pas le bénéfice du doute : il y a toujours à apprendre ou à transmettre.

Moshé Rabbénou que l’on connaissait comme le « plus humble des hommes sur la terre » (anav) avait la lourde charge de transmettre la Torah mi Sinai qu’Hashem lui avait confié.En effet malgré le pouvoir qui était le sien, et les qualités dont il était doté, il n’usa jamais d’orgueil pour dire « Moi je sais » (à plus forte raison NOUS qui avons à apprendre chaque instant). C’est la raison pour laquelle il fut choisit par Hashem pour son humilité immense. Alors de notre coté apportons des commentaires enrichissants pour s’enrichir nous-meme et apporter à l’autre. La Tsniout n’est pas qu’un travail individuel contrairement aux apparences… Et je citerais un proverbe cher à mon coeur et révélateur « al tistakèle bakanekane éla bema shéyèshe bo » : « ne regarde pas la cruche mais ce qu’elle contient ». Ne jugeons pas au premier abord apprenons à découvrir l’intériorité de chacun : et le travail sur soi. Le savoir est un art délicat : et pour le diffuser il faut user d’un langage réfléchi et de droiture (on l’oublie SOUVENT sur les forums Facebook…et ailleurs…)

La prière et le dialogue avec Hashem poussent à la réflexion


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