Techouva : le parcours d’Audélia B.

Image 7A Muriel...

Nous y voici ! Elloul et veille du mois de Tichré. Une année nouvelle et la promesse d’une force nouvelle remplie de bonnes choses, d’espoir, de joie mais aussi d’une Techouva sincère. La techouva dans son sens approfondie ne sera pas ici le but premier de cet article, de par la complexité plurisens de la notion de techouva. L’article finit l’année et boucle la boucle sur une idée suscitée par des jeunes femmes formidables qui me suivent, que je suis, bref : chacune apporte mutuellement à l’autre. Merci donc au formidable petit groupe féminin Facebook « Tsniout mag: la parole aux lectrices« , où chacune partage des envies, des tendances, des looks, des phrases, des rires dans la simplicité et la discrétion.A mon tour ce soir, de me livrer un peu et de dévoiler ce que je garde discret d’habitude :mon parcours.

Des racines et des ailes…

Un sans faute de l’antipudeur, née au sein d’une famille traditionaliste d’origine Marocaine et Bécharienne, je grandis sous la coupelle d’un grand père formidablement à cheval sur les valeurs, le respects des fêtes, la joie des chabats, les chandeliers brillants et les tables impeccables. Ma mère, aînée de onze enfants a porté ce flambeau de traditions avec tout son bagage de valeurs. Je suis la petite dernière de trois enfants, tous empreints de émouna, répondants présents à toutes les houppotes, événements familiaux, fêtes religieuses.Cependant pas d’empressement particulier pour le respect du chabat (travail le chabat, etc )certes pas un chabbat ne passa sans que la plaque ne soit branchée et les bougies allumées, mais à coté de cela dans mon fort intérieur un vide émotionnel se fit ressentir vers l’àge de seize ans, pour moi la religion c’était plus que cela. A la recherche d’un je ne sais quoi je vivais en paradoxe avec ce que je voulais véritablement devenir au fond…Mes parents, mais surtout mon arrière grand mère paix à son âme, fervente femme pieuse dans la neshama et dans le coeur m’auront sans le vouloir ouvert le chemin vers la Techouva…une techouva particulière comme chacun d’entre nous qui la vivent, l’ont vécus ou la vivront, où chaque instant on me traita d’instable, ou d’illuminée (quand on ne le disait pas dans mon dos…)…certains espérant que cela ne soit qu’une « phase » ,d’autres riant sous cape et quelques uns autour admiratifs et souhaitant me voir arriver à mes objectifs religieux.

Comment j’étais…comment je suis devenue

La vie, vous savez celle « d’avant », celle de mes Jeans true religion et de mes interminables soirées en boite à la recherche de celui qui me conduirait sous la houppa. Oui, cette vie là, je vous la raconte brièvement afin que l’on ouvre cette nouvelle année sur des sourires. Tout d’abord j’en ai été fière et si cela devait se reproduire je la revivrais cent fois sans erreurs de parcours ni changements. Mon « avant » m’a rendu celle que je suis, et défauts ou qualités m’a ouvert sur ce que je n’espérais plus : l’inattendu. Il existe évidemment un fossé immense entre celle que j’étais et celle que je deviens chaque instant. Oui je dis bien « deviens »la Techouva nous pousse dans un devenir sans cesse en modification. Notre magnifique religion n’est pas linéaire et peu importe que nous portions mesdames des pantalons ou des jupes jusqu’au pieds notre réalité nous passe à un état de devenir. Car seul Hashem peut « ETRE », nous, nous sommes là pour nous perfectionner chacun avec nos possibilités, choix et convictions. Tout ça pour vous dire que même cette époque troublante où j’arrachais chaque samedi de mon coeur pour aller travailler dans le prêt à porter et exhiber fièrement mes dernières collections le soir même devant mes amies, tout ça et bien ça n’est que du bon. Comprendre qu’une vie en contient plusieurs et que la mienne devait explorer quelque chose de plus profond, un quelque chose de pudique et d’impudique à la fois. Le persuasif et l’incompréhensible, moi qui craignait d’emprunter les voies de la religion et de devoir « abandonner » tout ce que j’étais, mon amour de la mode, mes reliques du passé, mes amis tant chéris, mes parents fatigués de me suivre dans mes courses folles…Merci. Rien n’a changé : je vis la mode chaque instant et l’érige au sommet de ma foi en transformant le court en long, la chevelure en foulards, la femme en princesse. J’aime ceux qui vivent leur vie sans Tsniout du vêtements mais avec une pudeur du coeur. Moi, j’ai fait le choix d’allier les deux.

Grâce à Toi j’ai grandit 

Vous livrer çà et là les secrets d’un parcours ne servirait à rien si je ne passait pas aux aveux afin de vous dire, qu’un ami du passé m’aura sans le vouloir (et c’est ce qui est magnifique) conduit là où je suis maintenant. Sur mon socle fixe, sur ma montagne contemplative, il m’aura expliquer l’importance du chabat le décrivant comme étant « la base » de notre judaïsme. J’ai écouté, et j’ai appris, selon ses explications quotidiennes, j’ai monté les échelons. Et à chaque fois que j’allais trop vite il me rattrapais pour me dire que la religion se vit chaque seconde et se construit dans notre coeur par étapes. Alors un jour vous faites chabat, un autre vous allez à la synagogue, les semaines d’après vous porterez des jupes pour les h’aguim, puis, puis, puis vous voilà mariée, à Jérusalem, maman, comblée mais surtout messagère. Tsniout magazine c’est mon message de Lui à moi, et de moi à vous.Le reste ? Je le décris au quotidien ou de manière épisodique au travers d’articles, statuts et photos. Je vous souhaite une chana tova oumetouka, porteuse de sincérité et de décisions fortes et ancrées en vous. Merci de donner vie et envie à ce que j’écris, merci D. tout Puissant de m’avoir fait femme, minuscule dans ce monde mais désireuse de grandir dans le monde à venir…Qui que vous soyez : ne baissez pas les bras le combat en vaut la peine !

Audélia B.

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