Sarah : une vie de Tsniout

Tombeau de Sarah Imenou à Hevron

Tombeau de Sarah Imenou à Hevron

Le remarquable parcours de cette matriarche Juive, figure emblématique, connue pour sa rare beauté et sa générosité, se doit d’etre relaté à toutes les Eshet ‘Hayil et les Bnot Israel. Nous pouvons inscrire dans les modèles et références des grandes figures Juives féminines : Sarah femme d’Avraham. Elle et ses suivantes (Rivka, Rah’el et Léa) doivent nous inspirer véritablement. Nous devons lire en elles une Tsniout hors du commun.

Une longévité pas comme les autres

Commençons tout d’abord par décomposer un fait tout à fait remarquable. Nous prions très souvent pour qu’Hashem nous laisse la vie longue et pleine de santé. Et bien c’est l’un des premiers points à mettre en relief dans la parasha de cette semaine, la parasha Hayé Sarah (‘Houmach Bereshit) : la vie longue qui lui fut offerte. En effet, en phrase d’introduction de la Parasha, nous sommes immédiatement éclairés par une information chronologique peu habituelle. La Parasha commence en relatant l’âge de Sarah, ainsi que le nombre d’années de vie. Pourquoi ? Vayiyou ‘hayé Sarah Méa Shana Essrim Shana Shéva Shanim Shné ‘Hayé Sarah ». Plusieurs fois , cette coupure par une conjonction de coordination en milieu de phrase a interpellé nombre de nos Sages. En effet, en traduction littérale cela donne : « La vie de Sarah fut de cent ans et vingt ans et sept ans : les années de vie de Sarah ». Le sens commun serait plus habitué à entendre « Sarah vécue 127 ans ». Sans aucune coupure stridente en milieu de phrase. La répétition du mot « ans » a évidemment un sens. S’il est répété à trois reprises, c’est tout simplement qu’il est relatif à chaque période précise de sa vie, en l’occurrence trois périodes. Les sages expliquent : « qu’à l’âge de cent ans, Sarah était comme à vingt ans : sans péché (pure) ». L’hébreu utilise le terme « lo ‘hata » לא חטאה, le mot ‘het se traduisant par « la faute, le péché ». Le midrach (Berechit Rabba) nous explique que : « De même, qu’elle était sans péché à vingt ans (car considérée comme trop jeune pour être tenue responsable de ses actes), de même l’était-elle à cent ans ».

C’est dire la grandeur de cette Tsadéquète, qui, quel que soit l’âge et la période de sa vie avait su conserver une sagesse intacte, semblable à la candeur ou l’innocence liée à la jeunesse. Une vie longue et pleine de fautes serait dénuée de sens mais pour une lumière comme Sarah, il en était autrement. Si nous pouvions nous en inspirer et vivre, nous mesdames, (à notre niveau bien sûr), une vie de Tahara (pureté) sans péché : que ferions nous ?

Nous travaillerions notre Tsniout du langage par exemple : (et il ne s’agit pas d’ouvrir le livre du ‘hafets ‘haïm sur le chmirate halachone, de le lire et de l’enseigner seulement). Il s’agit d’apprendre un peu chaque jour, discrètement ou en comité réduit. Mais apprendre pour comprendre. Pas apprendre pour « montrer aux autres » comme certaines le font. Il faut vouloir avancer avec sa cadence. Mais toujours dans le sens de la « pureté« . De nos jours je comprend les femmes qui sont fières barou’h Hashem d’avoir appris et qui le clament tout haut, mais j’avoue que nos actes sont d’autant plus appreciables lorsqu’ils sont surtout vu par HKBH. Et je pense qu’avoir comme référence nos Imaotes est un exemple formidable pour se renforcer.

C’est par sa Tsniout que Sarah était chérie et méritante aux yeux d’Avraham. Pensons aux nombreuses vertus de cette femme lumière qui, ne pouvant pas enfanter devait subir les sarcasmes et l’arrogance d’Agar (servante puis seconde épouse d’Avraham), et vivre comme un affront la douleur de la stérilité. Pourquoi ? Parce que la pureté engendre la pureté. Elle était authentique, car elle savait la grandeur d’Hashem bh !

Sarah et la pudeur

Apprenons des enseignements de nos sages (Parasha Vayéra – H’oumash Bereshit), que la beauté féminine Juive n’est pas un atout qui s’expose ou se surexpose. Bien loin des étalages de magazines de mode que l’on trouve dans le monde traditionnel non religieux de nos jours. La femme Juive exprime une beauté singulière mais effacée (dans le sens de la discrétion et pas de la soumission bien sur). Comme beaucoup le savent (de par l’étude de la Torah) tout ce que le peuple Juif possède de plus valeureux et de plus beau il ne l’affiche pas au grand jour, mais le conserve au contraire jalousement comme un trésor précieux.

Ainsi la grandeur des rouleaux de Sefer Torah sont bien souvent maintenus dans le e’hal (armoire qui conserve les rouleaux de Torah) et que l’on ne sort que pour les occasions et lectures de parashas chaque semaine à la synagogue. Métaphoriquement, il en va ainsi de la beauté de la femme Juive, (aujourd’hui et en l’honneur de la Parasha qui lui sera consacré ce shabbat) nous l’éluciderons à travers le personnage illustre qu’était notre matriarche Sarah.

Ainsi la Guémara dans Le Traité Baba Metsia 87a. précise que lorsque les trois anges déguisés en voyageurs demandèrent à Avraham : « Ou se trouve Sarah ta femme ? », et qu’à cette question Avraham répondit « dans la tente », les anges savaient en réalité ou se trouvait Sarah. Seulement, la question fut posée pour mettre en exergue la grande discrétion de Sarah. C’est cette sagesse qui la rendait encore plus valeureuse aux yeux de son époux.

Combien de récits pourrions nous faire de Sarah ? Combien pourrions nous vanter ses mérites et nous en inspirer. Il faudrait pour cela écrire de nombreuses pages. Tsniout Mag’ ne fait que frôler du doigt ce personnage glorieux de l’ histoire féminine Juive. Je l’écris pour nous toutes, car il nous arrive parfois de nous perdre dans l’immensité qu’est la Tsniout. Et dans ces moments là, nous cherchons un modèle. Pour cela inutile de feuilleter des magazines. Il suffit d’ouvrir les Ecrits Saints pour lire la grandeur et sentir la Tsniout, au-delà des idéaux : la vérité.

Si vous le pouvez tachez de vous rendre à la synagogue pour une lecture de la Parasha, et si possible assister à un chiour afin de comprendre l’immensité et la complexité du personnage de Sarah.

3 thoughts on “Sarah : une vie de Tsniout”

    1. Audelia B. says:

      Merci à vous !

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