Le point sur la conversion au Judaïsme (1)

Jewish star - flickr - httpflickr.comphotosurik882092631816 »Un converti ressemble à un nouveau né et toutes ses fautes lui sont pardonées » Masseh’ete Yebamote 22a.

Devenir Juif. Ouvrir une porte lourde en histoire et en passé de la première des religions monothéistes. Le Judaïsme c’est quoi ? L’envie de le devenir : par quoi est-ce motiver ? Le Judaïsme encourage t’il véritablement la conversion ? Il convient de suivre une problématique simple en commençant par se pencher sur le processus de conversion. Qui peut prétendre devenir Juif, et j’entend par là devenir Juif par choix profond, réfléchi et personnel, et non par mode du moment, par dépit (exemple : le désir de devenir Juif afin de ne pas laisser filer une histoire d’amour et de vite se marier). Chaque homme et femme qui en font la démarche pure et sincère (j’ai bien dit sincère) sont méritants. La route vers le Judaïsme est en effet difficile, mais je souhaite à chacun qui en a fait la magnifique démarche de voir des jours longs et heureux et de jouir chaque instant de la puissance qui lie l’homme à Notre miséricordieux Créateur (je fait allusion à de véritables conversions menées dans les bonnes et dues formes). Tsniout mag’ revient donc sur un sujet de plus haute importance : le point sur la conversion au Judaïsme.

La conversion : un choix symbolique.

La première de mes pensées se tournent vers les célibataires, qui se sont un jour poser la question : ou vais-je dans ma vie ? Quel sens véritable pourrais-je lui donner ? J’existe grâce à UN D.ieu mais celui de quel religion ? En interrogeant de nombreuses personnes parmi nos connaissances, nous nous sommes aperçus que plusieurs motifs reviennent de manière récurante : soit un des deux parents est initialement Juif  et le désir de l’adolescent ou du jeune adulte est de suivre les voies dans lesquels il a grandi (à savoir le père, puisque le cas échéant si la mère née Juive l’enfant le devient automatiquement dès la naissance, mais pas l’inverse). Soit la personne n’est d’aucun parent proche Juif mais a connu en menant des recherches poussées de lointaines générations de la famille qui l’étaient (ex un arrière grand père). Soit démarche plus rare mais connue tout de même, la personne n’a aucun environnement ni famille affiliée au Judaïsme de près ou de loin, mais suite a une recherche de soi, une introspection profonde, une découverte de racines dont elle aimerait se rapprocher : la personne se sent poussée par le désir de se convertir. Beaucoup font aussi des comparaisons avec le monde actuel, les autres confessions, le vide de ne pas avoir grandi avec des quelconques valeurs religieuses et voient en la Judaïcité la réponse à de nombreux bouleversements de leur vie et de leur personnalité. Parmi les rencontres citées, un point commun : le désir de devenir Juif quoi qu’il en coûte. La force ancrée d’appartenir à Ce Peuple, de faire corps avec les dix commandements, d’Exister…autrement.

« Si tu m’aimes converti toi »

« Les convertis doivent être vigilants afin de ne jamais retourner à leur conduite antérieure » Bamidbar Midrash Rabba section 8.

Jugeons le Kaf zehout (d’un oeil favorable), que se passe t’il lorsque par les différents trajets de la vie votre chemin rencontre celui d’une jeune femme et que vos deux coeurs s’accordent à l’unisson ? Les plus sérieux vont vouloir construire , les plus motivées encore vont vouloir se marier. Démarche honorable et fortement recommandée puisque la construction du foyer est une des mitsva de la Torah. Seulement voilà, le jeune homme est Juif mais la dulcinée pas du tout. Que faire ? Je ne manquerais pas de dire que les communautés Juives du monde regorgent suffisamment de jeunes femmes Juives belles et brillantes dans l’attente de rencontrer l’élu, donc le conseil est certes stupide de prime abord mais essayez d’abord de voir si le mazal (votre chance, destin) vous conduira (faites en sorte en tous les cas) vers une femme de votre confession. Sinon…Attention ! 1) Gare aux mariages mixtes car plus tard ce sont vos enfants qui vont en pâtir (la conversion n’est pas toujours simple) , soit ils s’écarteront complètement du chemin de la religion (Hasvechlom) soit (et essayez de ne pas être égoïstes et de penser au futur) ils vont dans le meilleur des cas souhaiter se convertir et la route pour y arriver ne sera pas toujours aussi simple que vous vous l’imaginez…2) Mais encore une solution peut être envisagée : la conversion de votre élue du coeur. Alors là je met les warnings. La religion Juive (et nous y reviendrons plus tard) n’est déjà pas une religion prosélyte (favorable à la conversion). Faites attention ! Je ne m’adresse pas à VOUS jeunes hommes, mais à la femme que vous embarquez dans cette formidable aventure religieuse ! L’amour à certes ses raisons que la raison ne connait pas, mais là je vous parle du changement radical de toute une vie ! Votre future épouse se sent elle véritablement prète ? Lorsque l’on voit aux sein de nos propres foyers Juifs combien une femme qui l’est de naissance connaît parfois des hauts et des bas en terme de pratique qu’en sera t’il d’une femme qui se convertit afin de sceller une union ? Je vous le répète si une conversion ne part pas d’une démarche purement personnelle de la part de celle qui s’y engage vous risquez soit avec de la chance de vivre le bonheur (avec une femme qui se convertit et qui vit pleinement son judaïsme à vos cotés)  soit au contraire de marcher sur des oeufs en épousant une femme qui (on ne connaît pas les aléas de la vie) risque un jour sur une dispute un peu violente de vous envoyer valser vous et vos grandes théories religieuses…Songez-y. La sincérité et l’envie d’avancer sont des facteurs de premier rang pour franchir le pas de la conversion.

La conversion : comment s’y prendre ?

Le processus de conversion est long mais assez bien fait, il se divise en plusieurs étapes :

– La première étape repose sur l’écriture d’une lettre (une véritable lettre qui établit la liste de vos convictions et motivations). Elle s’écrit et se rédige à la main et est envoyée au consistoire qui vous retournera une réponse dans des délais variant de trois semaines à un mois et demi en fonction du nombre de demandes.

– Il faudra vous diriger ensuite vers une communauté, exemple : si vous habitez à Paris 12eme, il faudra vous rendre auprès d’une des synagogues de l’arrondissement, montrer votre aciduité et votre présence aux offices, et obtenir du Rav officiant (celui de la synagogue en tous les cas) sont tutorat. Il devient en quelque sorte votre mentor, vérifie votre démarche , mène un suivi, ouvre un dialogue, vous questionne et répond à vos questions, vous ouvre la marche à suivre, vous fait participer tout doucement à la vie communautaire et aux cours. Il deviendra « votre » Rav. Chaque dossier, chaque démarche, la moindre interrogation, il vous sera possible de vous tournez vers lui. Attention, c’est grâce au sérieux dont vous ferez preuve que votre Rav rendra une réponse aux autorités consistoriales favorables ou non. (Attention vous n’êtes pas obliger de choisir une synagogue relative à votre lieu d’habitation, cela était cité à simple titre d’exemple )

– Le passage de l’examen écrit qui aura pour but de vérifier vos connaissances autour d’un questionnaire complet d’un peu moins de 300 questions. La vie Juive dans son ensemble y est évoquée et autant dire que plus vite vous commencerez à pratiquer et respecter les mitsvotes de la Torah, plus l’examen écrit se passera avec aisance. Des annales de révisions existent et peuvent être demandées au consistoire, afin que vous puissiez réviser les thèmes qui seront abordés. Nous recommandons d’assister à des chabbats (de nombreuses familles Juives pratiquantes accueillent), n’hésitez pas à multiplier votre présence à des cours de halaha (Loi Juive), Moussar et autre. Chaque jour si vous montrez votre ambition vous saurez vous insérer dans une vie Juive en ayant sans cesse le désir d’apprendre.

Une liste de choses peuvent au préalable être réalisées afin d’avancer comme : assister à des cours pour apprendre à lire en hébreu (et ainsi faire les prières dans la langue Kodesh), se renseigner auprès des rabbanims afin de fournir toute la paperasse nécessaire et éviter tous retards dans vos démarches, s’entourer de gens positifs qui vous encourageront et acquiesceront vos motivations, en fin de conversion assister en Israël à des programmes de yeshivotes pour les hommes et des séminaires pour les filles, participer autant que possibles à la vie de votre communauté , veiller à faire les bénédictions sur les aliments, l’ablution des mains et le birkat hamazone (meme si vos débuts sont en phonétique). Attention ce ne sont que des recommandations et petits plus afin que le jour de vos examens vous soyez irréprochables devant le Beth Din mais surtout devant Hashem !

Les thèmes centraux abordés dans les examens sont le shabbat, les jours de fetes (Yom tov), la pureté familiale, le calendrier Juif, la pratique de l’hébreu, le déroulement d’une journée Juive, la pratique de la cacheroute, la Terre Saint et ses mitsvotes, les grands livres Saints de la vie Juive (ex. Tanar)

La seconde partie de l’article sera mis en ligne courant de semaine prochaine, afin que chacun puisse découvrir le reste des étapes dans le processus de conversion, des témoignages, et l’avis de rabbanims sur le thème.

 

 

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