Docteur Philippe Eliahou Touitou (zal): Lettre ouverte…

Le 27 Janvier 2019 Hashem accueillait en son ciel une nouvelle et majestueuse étoile.

Philippe Eliahou Touitou (zal), médecin, diagnosticien de pointe,urgentiste, généraliste, moel arraché a la vie a l’aube de ses 53 ans par un après midi glacial d’hiver. C’est désormais avec force et conviction, espoir et renouveau que j’écris ses lignes comme selon sa volonté “sourire et détermination même dans l’épreuve”

A Philippe…

En marchant dans les rues colorées de ma ville j’ai cherché les rayons de soleil de Marseille, le tintement des verres sur une terrasse un soir d’été, l’eau transparente de la Thaïlande sur les roches des plages,mais j’entend ici cet enfant qui pleure, et par ici cette femme qui se penche, j’écoute une symphonie, une dernière, je cherche encore le chef d’orchestre, en vain. J’ai laissé mon cœur rejoindre les rues de la vieille ville dans l’espoir d’y voir votre brume, votre silhouette, d’y croiser votre compassion et votre altruisme.

De partout, j’ai cherché.

Quand cette partie de cache cache céleste prendra fin ? Le destin se joue t il de nous en vous arrachant a la vie si tôt…Et Nous a t il d’abord consulté ? Attendez donc un peu, ne partez pas tout de suite, restez donc. Venez qu’à notre tour nous soignions votre cœur fragile, puis laissez le trouver répit au soleil. Vous avez sauvé nos vies, laissez-nous je vous prie épargner la votre !

Mais quelle rue portera désormais votre nom ? A quoi ressembleront les offices du chabat ? Les ombres de la nuit continueront elles à danser ? Quel temps fera t’il demain ? Car vous serez à jamais le vent dans nos cheveux, mais aussi le soleil qui réchauffe les petits matins d’hiver ou la houle des mers et océans. Vous serez notre “partout” et notre néant.

Le calendrier va si vite et ses dix dernières années à vos cotes se sont déjà écoulées si vite enfuies elles ont guéris plus de blessures qu’un siècle entier de lumières ne saura jamais combler. Cet article est mon modeste cadeau pour votre arrivée au pays des anges , celui de toute une patientèle à vos cotés, des messages du cœur à l’unisson.

Aussi nous voulions vous dire non pas au revoir, mais plutôt à bientôt …jusqu’à ce que par nos mérites sur terre Mashiah vous fasse revenir, vous et nos êtres chers. En attendant mon cher Docteur je vous envoi mes quelques mots en direction des étoiles, ses mêmes astres qui j’en suis certaine, à votre arrivée ont dû vous laisser une place et comme une sensation qui oscille entre respect et force, sourire et passion Oui cette même passion qui déchaînent les êtres humains les poussant de manière compulsive à se déchirer et s’aimer,une existence durant. Cette existence qui vous a pris, alors faites un bon voyage et surtout merci d’être devenu notre infini…

Docteur des cœurs

C’est dans la grandeur de certains hommes que l’on voit encore plus la grandeur de D.

Docteur Philippe Touitou, c’était le docteur de tous, de l’indigent, du triste, du fougueux, de lapeurée et Philippe est un nom de monarque, Eliahou celui d’un prophète. Touitou celui d’un homme simple voué a faire de sa vie un chemin au service de l’autre, une voie aux mille issues, une question aux solutions multiples.

Homme pudique et discret, humoriste contemporain et lumière de son siècle. Un homme brillant qui a offert ses lumières à la médecine de ce siècle sans façons. Mais comme il est bon de vivre à l’ombre de votre souvenir, comme il est bon de savoir que chacun vous a côtoyé: femmes, enfants, maître de conférences, chirurgiens, virtuoses de ce temps comme du temps futur vous veillez  désormais sur chacun sur terre comme au Ciel.

De l’humanité dans un monde de Brut

Je vous choisirais bien des mots pour vous décrire Philippe (zal) mais il me semble que mon champs lexical m’abandonne, l’explosion de couleurs envahit mon cerveau, le chemin de mes pensées défaillit, et je reste assise là, avec mes souvenirs, ne sachant par où commencer. Incapable d’y croire…

Je vais faire l’éloge simple d’un homme plein de vie et de joie même dans les moments difficiles. A ceux qui ne connaissent pas Philippe et qui découvrent l’actualité liée a son triste départ vous ne serez pas surpris de remarquer la grandeur de cet homme qui a accompagné ses patients comme des membres de sa propre famille.Un homme qui a très jeune participé à l’accompagnement de personnes en fin de vie, un médecin qui a développé plus vite que les autres une maturité hors du commun et de multiples carapaces pour prendre sur lui la surcharge émotionnelle due aux souffrances de ce monde.

Lettre à Véronique..

A vous l’épouse, l’enfant de Marseille : je vous ouvre ses mots comme un message du Ciel, Philippe était un homme pudique qui invitait peu de gens à partager sa vie intime. Il refusait que l’on puisse deviner ses faiblesses,ses craintes ou ses doutes, et comme sa mort en témoigne, jusque dans les derniers instants il dissimula les poids du cœur, il s’en est allé aussi discrètement qu’il n’a vécu, au bout de sa mission, dans le refus d’abandonner l’autre, n’ayant de cesse d’aimer son prochain, cette vertu si rare que l’on recherche chez l’homme écarté des vanités de ce monde. Aussi chacun se souvient de son amour pour vous, sa femme, pilier de sa vie. A vos côtés il a bâti son empire et vous a fait reine de ce navire que vous saviez et saurez si bien mené.

Ne peut devenir roi que celui qui a, à ses côtés une femme d’une étoffe aussi royale. Nous savions chacun même si il restait confidentiel et réservé, son amour et surtout son admiration pour vous.

Mon devoir est de vous offrir de la consolation, vous qui avez tant sacrifié votre vie intime, pour laisser les gens taper à des heures tardives en votre foyer, vous qui avez accompagné Philippe dans chacune de ses démarches, vous qui lui avez offert de si beaux enfants et petits enfants, vous qui le suiviez aux coins du monde répandre le soin, l’amour et l’entraide. C’est à vous que nous voulons éternellement dire merci, au même titre qu’il ne pouvait y avoir de Philippe sans Véronique, comme il ne peut y avoir de diamant sans écrin…

Philippe : la vie après

“Nous vous avons adoré comme si il n’y avait jamais de lendemain, puis un jour…il n’y en a plus eu “

Il est vrai que la vie de toute une communauté est désormais bouleversée mais avant tout ce que notre docteur parti trop tôt voudrais c’est que nous pensions à nos lendemains. Même si pour l’heure traverser la rue qui fut la sienne, rentrer dans sa clinique ou passer devant son bureau nous broie le cœur, il n’est d’autre choix que de porter sa mémoire aux sommets. Philippe a donné sa vie pour la notre, à présent à nous de lui rendre ! Continuer à aimer l’autre, à se couper en quatre pour faire fie de nos problèmes et écouter un peu ceux du monde, ouvrir la porte au passant, à l’ami, à renforcer le shalom dans les foyers, à implorer les forces que Ha Kadosh Baruh Hou nous envoi afin de continuer

Dire merci face aux défis de la vie, surveiller son prochain aux dépends de nos instants d’existence, cesser de se reprocher des choses, dépasser ses limites, faire que nos maux se transforment en prières. Il n’est plus d’impossible, plus d’infranchissable, n’est plus celui qui n’est plus. Philippe est le vent, la pluie, Philippe est la midda, la réflexion, la pensée, le merci, la foudre et la passion, l’Homme pieux, le créateur d’alliances, le pansement, l’ordonnance ultime, l’effervescence…La joie et l’infini, la franchise et les non dits,le palpable et l’aérien, l’atome et la fusion,l’obscur….et la lumière.

Envoyez-nous  les explications Célestes, invitez-vous en rêve ,si vous y trouver réconfort …et veillez  sur tous ceux qui vous aime : car ils sont nombreux. Infiniment..merci. Je rend ma plume afin que ma signature rejoigne la votre. 

Madame Audélia…

Lettre entre Ciel et Terre

 

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