Ces maris qui ont peur de la Tsniout (2)

Pour lire la première partie de l’article c’est ici : Ces maris qui ont peur de la Tsniout (1)

Nous terminions hier notre article concernant les peurs fréquentes mais peu relatées des hommes face à la Tsniout de leur épouse.

Nous avions exposé les faits, nous avions également témoigné sur cette sensation parfois difficile à vivre qui revient dans le coeur des femmes d’avoir à supporter des réflexions sur leurs décisions religieuses. Comme Tsniout Mag’ ne fait jamais les choses à moitié, nous étions parti du principe simple que dans un couple c’est 50/50, et qu’il fallait (nous, femmes) avoir une approche plus en douceur pour annoncer les choses au conjoint. L’important de cet article est de comprendre que, quelle que soit notre réalité religieuse, elle n’est jamais facile à vivre. La Tsniout (j’emploie un mot paradoxal pour expliquer les faits) nous expose aussi au regard de celui qui partage notre vie. Et même si ça n’est pas là l’objet de mon article ce soir, il convient de savoir que l’inverse existe aussi : des hommes ayant décidés de se renforcer religieusement, et qui ne sont pas suivis par leur conjointe (ce sera sûrement plus tard le thème d’un autre article du magazine). Des deux cotés, l’on rencontre souvent des divergences, des pourparlers, des exigences. Nous nous servirons de cet article comme d’une sorte de justification de nos actes, d’un coté comme d’un autre. Toujours dans le but de comprendre, d’apprendre et d’avancer.

L’homme qui rejette la Tsniout par crainte des ragots : « Tu décides de te couvrir la tête, mais que penseront les gens de la communauté ?« . En effet, ce type de réaction n’est pas inexistante et il convient donc de ne pas l’ignorer. Pour certains, la Tsniout de l’épouse est une fierté. Pour d’autres, elle est un facteur de position sociale et religieuse. Des hommes se demanderont ce qu’un tel choix religieux implique, et resteront parfois bloqués sur le regard des gens et de la société. Des hommes d’un niveau religieux traditionaliste seront enclins à croire que voir leur femme sortir avec un foulard ou une perruque jettera le discrédit au sein d’une communauté, plutôt que de voir dans ce geste loué d’Hashem une noblesse de coeur. Vous me direz « pas du tout, en général les hommes sont fiers que leur femme fasse un retour vers la religion ». Détrompez-vous, il existe des hommes qui s’inventent des scénarios avant même d’avoir été réellement confrontés à la situation. Ainsi une femme se verra sujette à des remarques du type « à la synagogue, les gens penseront que notre couple traverse une crise, et que c’est sur les conseils d’un Rav que tu te couvres la tête ! ». Toujours avec douceur il conviendra de répondre à son époux que seul le regard d’Hashem emplit le monde, mais que vous ne désirez pas le placer dans « l’embarras » devant ses camarades de la communauté/travail/amis/famille…etc. Et que pour cela vous expliquerez clairement vos choix à l’entourage au moment venu sans pour autant vous justifier de vos actes (qui ne regarde que votre couple).

L’homme qui rejette la Tsniout par complexe d’infériorité : Le sentiment dans le coeur de votre mari de vous voir emprunter les chemins de la religion peut tout à fait le satisfaire. Beaucoup y verront une marque de respect pour leur propre personne, et cela sera d’autant plus flatteur à leurs yeux. Ce qui dérangera par contre, c’est une sorte de blessure narcissique qui risque de s’approfondir face à votre décision. L’homme plutôt que d’y voir une occasion d’avancer et de s’élever spirituellement à vos cotés, sera vexé de voir que vous avez eu la « force » de faire ce choix religieux avant lui. Au lieu de se dire « toi c’est moi », il se dira inconsciemment « pourquoi elle, et pas moi ? ». Le point positif est que beaucoup d’hommes sont réveillés par la foi de leur épouse et se joignent alors à elles pour devenir plus religieux et renforcer croyances et midotes. Le point négatif, et c’est encore un cas trop fréquent , c’est de voir l’homme se rebeller et s’opposer à cette Tsniout. Par exemple : « Si tu te couvres la tête, et que je ne sort pas avec le talith katane, ça fera contraste…mon rav me fera la remarque. Je vais devoir m’aligner à ta conduite, pour le moment et je ne me sens pas prêt ! »

L’homme qui craint la Tsniout par peur des influences extérieures : « Voilà soudain que tu décides de porter jupes et foulards, alors qu’hier encore tu étais en jean, cette décision ne peut pas venir de toi seule, tu as forcément été influencée par ta famille ». Combien d’entre nous peuvent attester de ce type de réflexions ? Elles ne sont ni rares, ni fréquentes, elles deviennent tout simplement communes. L’homme minimise vos décisions en pensant simplement que « c’est la faute des autres ». Sans comprendre que, influence ou pas, vous restez une femme intègre face à vos choix. N’en soyez pas trop touchée, voyez-y une marque d’ignorance, comblez ce manque de compréhension par une invitation. En effet, ouvrez lui les portes de votre nouvel univers, expliquez quelles ont été vos sources d’inspiration et non d’influence comme il veut bien le croire. Parlez-lui de toutes ces tsadékètes, force de l’âme Juive qui vous ont poussé à croire en une nouvelle tenue du corps et du coeur. Ajustez son blocage à une remarque tout à fait juste : l’homme du monde ici-bas, n’est pas parfait, mais perfectible. Ce qui renforce le patrimoine de l’être humain c’est les bons points qu’il accumule pour prétendre accéder au monde futur. La Tsniout fait partie de ces bons points ! Expliquez, mais toujours avec tolérance. Il ne s’agit pas de prouver à votre mari une quelconque suprématie de votre être (ce rôle revient à Hashem Maitre du Monde), mais juste de défendre votre position.

Une solution globale : apprendre à avancer ensemble ! Mesdames, permettez moi de le dire. La Tsniout c’est beau. Mais la Tsniout c’est complexe. Si la Tsniout n’est pas apprise et enseignée avec délicatesse, elle arborera des angles obscurs qui resteront en suspens. Apprenons à éclaircir certaines situations sans s’endormir le soir avec les larmes aux yeux et une boule dans la gorge. Si vous ne désirez plus que la Tsniout soit une source de contrariété dans votre couple : tentez de la vivre dans la joie. Soyez en phase avec vous-même. Montrez à votre mari que votre évolution religieuse est visible même dans d’autres domaines de votre vie et dans votre relation à l’autre (et surtout à lui) afin qu’il voit que cette Tsniout a du bon finalement. Et tôt ou tard cela aura l’effet de réverbération escompté sur votre moitié. Les plus grands commentaires que ‘Hazal nous ont laissé à ce jour concernant la Tsniout, sont écrit dans les livres. Ouvrez chaque soir un livre et étudiez une hala’ha avec votre mari car nul n’est censé ignoré la Loi, ou lisez ensemble du moussar afin de vous renforcez. Le mot d’ordre est : « Essayez »…ne vous fermez jamais au dialogue. Tournez-vous vers des rabbanims. Beaucoup d’entre eux feront tout ce qui est en leur pouvoir pour unir votre couple, et harmoniser vos choix et ceux de votre mari. Ne montez pas sur le ring, apprenez que certains combats sont certes plus complexe qu’un match de boxe, mais qu’avec des mots on arrive souvent à s’en sortir triomphante : à deux.

3 thoughts on “Ces maris qui ont peur de la Tsniout (2)”

  1. Rebecca says:

    je te remercie tellement pour ces deux articles ! Tes paroles sont comme du miel qui vient adoucir la vie !

    1. Audelia B. says:

      C’est vous les lectrices ma force pour écrire, merci de votre présence, avec mes petits moyens je tente d’aider…

  2. sandrine says:

    bien dit…bravo Audelia, j apprecie….merci de ton travail qui me donne l occasion de me poser quelques minutes et de reflechir…quelques heures!

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